Sur tout le territoire national, la fédération française du bâtiment (FFB) évoque une crise sévère, qu'elle qualifie de « similaire à celle qui a sévi au sortir de la crise financière de 2008-2009 ». Elle rappelle ainsi des chiffres 2022 peu optimistes (voir encadré), comme une chute de 31,3% sur le marché de la maison neuve en secteur diffus, avec huit régions qui subissent un écroulement supérieur à 30%. Parmi elles, l'Occitanie, avec une baisse de 32,3%... Dans la promotion immobilière, englobant habitat individuel groupé et logements collectifs, la baisse des ventes est une réalité partout, à 16,2% en moyenne et 16,5% en Occitanie.
En Occitanie justement, les 150 adhérents du Pôle Habitat (constructeurs maisons individuelles, rénovateurs, promoteurs et aménageurs fonciers) de la FFB Occitanie agitent le chiffon rouge, comme dans tous les territoires français qui subissent tous la même situation, afin de soutenir la démarche de la FFB à l'échelle nationale : négocier avec le gouvernement qu'il mette en place un "bouclier logement".
«Aujourd'hui, le secteur de la rénovation se porte bien et le problème concerne le secteur de l'immobilier neuf, quel que soit le type de construction, logement collectif ou individuel, et quel que soit le territoire, campe Céline Torrès, la présidente du pôle Habitat de la FFB Occitanie, le 7 mars devant la presse.Nous sommes pris en étau entre raréfaction foncière, réglementation énergétique, hausse des coûts des matériaux qui gonfle les prix de vente de 20 à 25%, crise de l'énergie et depuis la mi-2022, augmentation des taux d'intérêt avec des banques qui ont moins d'argent à prêter et ne vont prêter qu'à ceux qui ont déjà de l'argent. Aujourd'hui, on assiste à une crise de la demande : non pas un désintéressement des Français pour l'immobilier mais plutôt une incapacité à devenir propriétaires.Dans les banques, 50% des dossiers de demandes de prêts sont rejetés par insolvabilité des acquéreurs. Ce qui entraîne une incapacité à produire car en promotion immobilière, il faut une pré-commercialisation suffisante pour commencer à construire donc certaines opérations ne sortent pas ! »
La dirigeante enfonce le clou sur deux aspects : « On va vers une crise sociale car je rappelle que chez les promoteurs immobiliers, 25% des logements sont cédés à des bailleurs sociaux. Donc on file droit vers une crise sociale car cette situation freine la production de logements sociaux. Par ailleurs, je souligne que le département de l'Hérault compte une démographie positive : si on produit moins de logement, on va accroître cette crise ».