La compétitivité des sites industriels dits "énergo-intensifs" est affectée par la flambée des coûts de l’énergie et une dégradation de la demande sur certains marchés. En Lozère, le site du sidérurgiste ArcelorMittal bénéficie de deux atouts : des investissements pour recentrer son activité sur l’acier à destination du marché très porteur de l’électro-mobilité et un process industriel adossé à un système de récupération de chaleur qui contribue à alléger sa facture énergétique.Il fait partie des sites industriels dits "énergo-intensifs" dont la compétitivité est dégradée par la flambée des cours du gaz et de l'électricité (et par la hausse des coûts liée aux quotas d'émission de CO2 de l'Union européenne). Le site industriel lozérien (Saint-Chély-d'Apcher) du géant mondial de l'acier ArcelorMittal, est spécialisé dans les aciers électriques haut de gamme et produit pour le secteur automobile (en particulier pour le marché des véhicules électriques et hybrides), le secteur de la production d'énergie (hydro-électricité, éolien, nucléaire,...), les moteurs industriels et les biens de consommation (électroménager, outillage,...).
Début septembre, ArcelorMittal avait annoncé l'arrêt temporaire de certains de ses hauts-fourneaux en Europe (dans les Asturies en Espagne, à Brême et Hambourg en Allemagne, et en Pologne), et, dans un contexte de faible demande sur ses marchés, il a pris « des mesures d'adaptation conjoncturelle » sur ses sites d'aciers plats de la moitié Nord de la France.
« Une usine saturée »
Si les sidérurgistes doivent en effet faire face à une faible demande du marché en raison, principalement, du ralentissement de l'industrie automobile, habituel gros client de l'industrie sidérurgique, en Lozère, où ArcelorMittal emploie 200 salariés et fait travailler 50 sous-traitants (chiffre d'affaires non communiqué), le directeur du site Bernard Legier, déclare : «Nous sommes ici dans une bulle qui n'est pas touchée par ralentissement de la demande, notamment grâce au marché très porteur de l'électro-mobilité sur lequel nous nous sommes positionnés. Nous restons prudents, mais nous sommes aujourd'hui une usine saturée : nous visons une production de 100.000 tonnes dont 75% pour le marché de la voiture électrique et le reste en aciers très haut de gamme, industrie et aciers moyenne et bas de gamme ».
En effet, début 2021, le groupe sidérurgiste annonçait un plan d'investissement de 13 millions d'euros sur son site lozérien, destiné à transformer l'usine orientée marchés-industries en une usine adressant essentiellement le marché automobile en développant de nouvelles générations d'acier pour l'électro-mobilité.
« Nous nous sommes dotés d'un four de recuit, appelé HAPL, pour notre ligne de décapage, permettant de porter la capacité de production de l'usine à 100% pour les aciers haut de gamme électriques,précise Bernard Legier. Cette nouvelle ligne a démarré en janvier 2022et nous avons sorti en avril 2022 les premières bobines pour les homologations-clients. Aujourd'hui, 70% sont homologués. »
Le dirigeant ajoute même qu'en raison de la forte demande du secteur des voitures électriques, « au lieu d'arrêter l'usine deux semaines l'été et deux semaines l'hiver, nous allons probablement même arrêter deux à trois semaines par an maximum ».