INTERVIEW - L’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Méditerranée Ouest vient de désigner son nouveau président en la personne d’Eric Fouillot, par ailleurs directeur des relations institutionnelles chez Qair. Un mandat qui débute dans un contexte de hautes turbulences économiques et politiques.Eric Fouillot, qui a rejoint l'entreprise montpelliéraine Qair (producteur indépendant d'électricité renouvelable) en 2023 en tant que directeur des relations institutionnelles, est le président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) Méditerranée Ouest depuis le 26 septembre dernier. Il succède à Pierre-Damien Rochette. L'UIMM Méditerranée Ouest compte 190 entreprises employant près de 6.900 salariés dans l'Hérault, l'Aude et les Pyrénées-Orientales.
LA TRIBUNE - Comment un énergéticien comme vous aborde la présidence de l'UIMM Méditerranée Ouest ?
Eric FOUILLOT - Ça a été la volonté du conseil d'administration de désigner un énergéticien, notamment pour équilibrer avec l'UIMM Midi-Pyrénées dont le président est issu de l'aéronautique, mais aussi parce que ce côté de la région Occitanie recèle un potentiel important dans les énergies renouvelables, notamment l'éolien offshore flottant... Nous traversons une époque où après des décennies de désindustrialisation, l'industrie française se trouve à un tournant, avec une opportunité unique de réindustrialiser notre pays. Le secteur industriel, ici à Montpellier, sur nos départements et plus largement en France, fait face à de nombreux défis : l'innovation technologique, la transition écologique, la décarbonation, la digitalisation - même si je suis bien conscient que ces préoccupations peuvent parfois paraître éloignées des réalités quotidiennes de certaines entreprises - mais aussi la formation de nos talents et la compétitivité sur le plan international. ...
La France traverse une zone de turbulences politiques et économiques. Que dire de la conjoncture sur votre périmètre géographique ?
Nous rentrons dans une période compliquée et le climat n'est pas au beau fixe. Les secteurs de l'industrie et de la métallurgie repartaient, on était dans une dynamique qui recréait de l'emploi. J'attire l'attention de l'Etat et des acteurs du territoire pour qu'ils restent à notre écoute car il en va de l'avenir de notre territoire. Nous sommes dans une forte incertitude et nous avons déjà pu observer un coup de frein à l'emploi, dans l'aéronautique notamment, mais aussi dans l'automobile ou l'industrie. Au niveau national, on a enregistré 4.160 défaillances d'entreprises en septembre, soit le plus haut en huit ans. De grands sous-traitants sont en difficulté, et ça rejaillit sur les PME régionales... Je vais faire un travail d'information et porter des messages pragmatiques auprès des élus, en particulier les députés, pour leur donner une vision réelle de notre économie de façon à ce qu'ils puissent en tenir compte dans leur travail à l'Assemblée. Nous sommes très inquiets car selon les décisions qui vont être prises dans le projet de loi de finances 2025, tout pourrait basculer de manière catastrophique !