Afrique du Sud : le puissant syndicat des métallurgistes bloque des contrats de fourniture d'énergies renouvelables

NUMSA Afrique du Sud Syndicat Manif
NUMSA

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La période de grâce de Cyril Ramaphosa à la tête de l'Afrique du Sud semble avoir atteint son terme. Mardi 13 mars, le Syndicat national des métallurgistes (NUMSA), soutenu par le groupe Transform RSA, connu pour avoir déjà fait du lobbying pour l'ancien président Jacob Zuma, a réussi à convaincre la Haute Cour du Nord de Gaunteg d'ouvrir une procédure judiciaire visant à empêcher la compagnie publique Eskom Holding de signer 27 accords de fourniture d'énergies renouvelables, dont la valeur est estimée à 4,7 milliards de dollars.
Le Cour a fixé l'audience au 27 mars prochain. Pour le syndicat, ces projets auraient irrémédiablement pour conséquence la fin de l'industrie du charbon et des pertes d'emplois dans les secteurs connexes qui impacteraient directement quelque 30 000 familles. «Nous sommes convaincus que le tribunal reconnaîtra que nos droits ont été violés», espèrent les syndicalistes du NUMSA dans un communiqué. La centrale syndicale soutient également qu'un recours massif aux énergies renouvelables se traduirait par une hausse de la facture d'électricité pour les Sud-africains les plus démunis.
«NUMSA pense que la signature de ces contrats serait préjudiciable à la classe ouvrière de Mpumalanga et à l'ensemble du pays». Une déclaration qui fait référence à une province riche en charbon où pullulent les centrales électriques, sachant qu'Eskom utilise du charbon pour 90% de sa production en énergie.
Le mix énergétique sud-africain reste dominé à 80% par le charbon, alors que les énergies renouvelables ne fournissent que 7% de l'électricité consommée en Afrique du Sud. Bien que le renouvelable est moins coûteux que la mise en place de nouveaux projets liés au nucléaire ou au charbon, Eskom reste l'un des plus importants producteurs de gaz à effet de serre au monde.
D'ailleurs il y a 7 ans, le programme d'énergie renouvelable sud-africain avait connu la plus importante croissance au monde, attirant 15 milliards de dollars d'investissements pour la mise en place de parcs éoliens et de projets solaires impliquant de nouvelles entreprises soutenues par des investisseurs internationaux.
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Des projets qui avaient été gelés pendant les deux dernières années par le gouvernement Zuma qui comptait investir 100 milliards de dollars dans un plan d'énergie nucléaire. La décision avait été critiquée à l'époque par une large partie de l'ANC. Depuis, l'ancien conseil d'administration d'Eskom fait l'objet d'une enquête parlementaire sur des allégations de détournement de fonds publics vers des entreprises contrôlées par la famille Gupta.
Ce blocage représente le premier accroc pour Ramaphosa qui a fait de la réorganisation économique sa priorité. Il pourrait même altérer la confiance des investisseurs qui restent attentifs à la capacité du nouveau président à faire avancer les réformes promises et colmater les brèches causées dans l'ANC par la fin mouvementée de l'Administration Zuma.
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Le ministère de l'Energie a de son côté précisé qu'il ne finaliserait la signature des contrats qu'une fois la décision de la Haute Cour rendue, tout en réaffirmant son engagement à renforcer la part du renouvelable dans le mix énergétique sud-africain.
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