Le parquet vient d'interjeter appel de la décision du tribunal de commerce de Toulouse de nommer le fonds de dettes anglais Alcentra comme le repreneur de BVA et ses 1 800 salariés, dont 500 à Toulouse. "Une surprise" pour Alcentra, mais "un certain soulagement" pour la direction actuelle de BVA qui porte une autre offre de reprise. Joint par La Tribune, le procureur général, Franck Rastoul, justifie sa décision, tout en précisant que cette dernière a un effet suspensif. Décryptage.Le dossier BVA devient un feuilleton aux épisodes innombrables. Le nouveau procureur général de Toulouse, Franck Rastoul, a décidé d'interjeter appel de la décision du tribunal de commerce, rendue mardi 15 septembre dans cette affaire.
"Il faut étudier les éléments avancés par les quatre offres de reprise présentées, sur la stratégie à court et moyen termes, la solidité financière des repreneurs et l'impact social. L'objectif est d'analyser les forts enjeux économiques et autres afin de permettre un examen, sous un second regard dans le cadre du double degré de juridiction, d'un dossier majeur qui nécessite une analyse technique approfondie. La Chambre commerciale de la Cour d'appel de Toulouse va tout faire pour 'audiencer' dans les meilleurs délais", a justifié Franck Rastoul, contacté par La Tribune.
Pour mémoire, le groupe BVA et ses 1 800 salariés dans le monde (dont 500 à Toulouse où se situe son siège social) a été repris à la barre du tribunal de commerce par le fonds de dettes anglais Alcentra, après le placement en redressement judiciaire de l'entreprise. Une décision vivement critiquée par le candidat Xpage, l'offre de reprise portée par la direction actuelle de BVA Group, s'inquiétant de la casse sociale à venir et de la délocalisation du siège au Luxembourg.
"Il y a des questions à se poser sur les motivations profondes des repreneurs. De plus, le soutien unanime des salariés et du CSE à une seule et même offre, à savoir Xpage, interpelle", souligne un proche du dossier.
"Surprise" et "vice préoccupation" du côté d'Alcentra
Face à ces vives inquiétudes internes, et après le rendu du tribunal de commerce de Toulouse, le directeur exécutif du fonds Alcentra Nicolas Besson avait tenu à prendre la parole dans un long entretien accordé à La Tribune. Dans celui-ci, il a assuré "avoir besoin de tout le monde (les salariés, ndlr)", s'engager à ne pas délocaliser des activités dont le siège social et surtout "vouloir être un acteur de long terme au sein de BVA". Mais ces engagements n'ont pas séduit le parquet qui, sans le dire, s'inquiète de la souveraineté économique de BVA Group dans un temps d'incertitudes sociales et économiques face à la crise sanitaire. Une position qui a vraisemblablement pris de court le fonds de dettes Alcentra.