Le projet de réorganisation d'EDF, nommé Hercule, menace la pérennité des 320 emplois de la Société hydro-électrique du Midi (Shem). Spécialisée dans les concessions hydroélectriques, l'entreprise toulousaine est dans une situation inconfortable face à son concurrent qui pourrait avoir ses concessions protégées par "une quasi-régie" créée par ce virage organisationnel au sein du groupe français. Ainsi, seuls les barrages aujourd'hui gérés par la Shem pourraient être ouverts à la concurrence, comme réclamé par la Commission européenne, dans les prochains mois. Après la mobilisation de ses...Si un tiers des salariés d'EDF se sont mobilisés, jeudi 26 novembre, pas moins de la moitié des employés de la Société hydroélectrique du Midi (Shem) les ont imités, à Toulouse, le même jour. Ils mènent le même combat, mais pour des enjeux différents. Les deux camps militent contre le projet Hercule, de réorganisation d'EDF, qui pourrait bouleverser les acquis sociaux des premiers, tout en menaçant l'emploi des seconds.
"Nous avons le sentiment d'être tout seul dans la cour. Mais ce projet nous impactera immédiatement, avec des sujets sur l'emploi et même à terme de pérennité de l'entreprise. Je partage l'inquiétude de nos salariés et je comprends leur mobilisation", réagit à La Tribune, Cyrille Delprat, le directeur général de la Shem.
Spécialisée dans la gestion de barrages hydrauliques et la gestion de l'eau, la société fondée en 1929 emploie aujourd'hui 320 personnes, dont une centaine au sein de son siège social à Balma (Haute-Garonne). Elle dispose également de deux directions délocalisées à Pau et Brive, une agence dans les Pyrénées-Orientales et un atelier de maintenance à Laruns (Pyrénées-Atlantiques). Mais en prenant du recul, plus de 160 salariés sont basés dans les vallées, rattachés à des concessions hydrauliques.
"L'histoire de la Shem s'articule grandement autour de l'accompagnement du développement du transport ferroviaire dans les vallées et les territoires reculés, dans les massifs pyrénéen et central. Notre activité dépasse la production d'électricité", témoigne le dirigeant.
"Une cible est dressée" sur la Shem
Aujourd'hui filiale du groupe Engie à 99%, c'est donc un patrimoine culturel et économique qui est aujourd'hui mis en sursis par ce projet Hercule qui concerne EDF. Pour mémoire, celui-ci se résume en un découpage du groupe en trois entités : EDF bleu regroupant les activités nucléaires, EDF vert pour les énergies renouvelables et EDF azur pour les activités hydroélectriques. La raison ? La Commission européenne qui réclame la mise en concurrence des concessions hydrauliques en France, depuis 2009.