Un mois après un premier rassemblement à Marseille, le collectif S.O.S. Bases Province appelle les salariés d'Air France à se mobiliser ce dimanche 9 mai à l'aéroport de Toulouse. La compagnie aérienne envisage de fermer ses bases aériennes pour les personnels navigants dans la Ville rose ainsi qu'à Marseille et Nice. Alors que dans la région Sud, plusieurs élus sont montés au créneau, pour le moment peu de voix s'élèvent contre le projet à Toulouse. Le maire Jean-Luc Moudenc s'est fendu d'un courrier début avril à Air France.Article mis à jour le 7 mai.
"Nous prévoyons un happening animé, pourquoi pas d'applaudir les passagers, pour alerter l'opinion publique sur le fait que Air France a comme projet de fermer les bases en province", lance Stéphane Pasqualini, élu SNPN FO au sein de la compagnie et porte-parole du collectif SOS Base province. Une centaine de personnes sont attendues ce dimanche 9 mai dans l'après-midi pour un rassemblement devant le terminal D de l'aéroport de Toulouse.
"Les hôtesses, stewards et personnels au sol de l'escale viendront avec leurs enfants, leurs familles, leurs conjoints pour justement montrer que ce n'est pas seulement 329 emplois en France qui sont amenés à disparaître si l'on ferme les bases de Toulouse, Marseille et Nice. On dit souvent qu'un emploi Air France en province génère trois emplois sur le territoire",poursuit le chef de cabine.
En pleine tourmente depuis le début de la crise sanitaire, Air France a enregistré sept milliards d'euros de pertes sur l'exercice 2020 et continue d'accumuler un manque à gagner de 10 millions d'euros par jour. Une restructuration du réseau domestique, structurellement déficitaire, a été amorcée en réduisant drastiquement l'activité de sa filiale régionale HOP et en lançant sa compagnie low-cost Transavia sur les vols intérieurs. Fin mars, Air France a confirmé qu'elle "envisage la fermeture des bases aériennes pour les personnels navigants à Toulouse, Marseille et Nice".
124 emplois concernés à Toulouse
À Toulouse, une telle fermeture concernerait un effectif 124 de PNC (hôtesses de l'air et stewards). Pas de licenciement à l'horizon, "mais les salariés, qui sont installés depuis de nombreuses années en province, sont invités à remonter à Paris avec tous les problèmes inhérents que cela pose en termes de garde d'enfants, etc", regrette Stéphane Pasqualini.
Un projet qui a poussé les salariés d'Air France à organiser un premier rassemblement le 28 mars à Marseille. La nouvelle n'a d'ailleurs pas laissé les acteurs économiques locaux indifférents très longtemps. Dans la foulée, le président de la Région Sud, Renaud Muselier et le président de la Métropole Nice Côte d'Azur, maire de Nice, Christian Estrosi, ont fait parvenir un courrier commun à Anne Rigail, demandant à la directrice générale d'Air France de pouvoir échanger sur les chiffres, les décisions prévues et donc les conséquences qui en découlent. Une autre missive émanant du président du CRT Côte d'Azur lui aussi adressé à Anne Rigail, expliquait que "cette stratégie de recentralisation sur Paris et le sacrifice des emplois en province est inacceptable pour la deuxième région touristique de France" et constitue un mauvais signal au moment où la relance économique et touristique se prépare.