Air France : quel impact la fermeture des bases de Nice et Marseille aura-t-elle sur l’économie locale ?
Laurence Bottero
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Photo d'illustration
Philippe Wojazer
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Si le monde aéroportuaire est, depuis le début de la crise sanitaire, dans un rythme ralenti, l'annonce de la possible fermeture des bases régionales Air France à Nice, Marseille et Toulouse a eu l'effet d'un coup de tonnerre. Parce que, bien sûr, le tout a un impact sur l'économie.
La nouvelle n'a d'ailleurs pas laissé les acteurs économiques indifférents très longtemps. Dans la foulée de la montée au créneau des salariés et des syndicats, le président de la Région Sud, Renaud Muselier et le président de la Métropole Nice Côte d'Azur, maire de Nice, Christian Estrosi, ont fait parvenir un courrier commun à Anne Rigail, demandant à la directrice générale d'Air France de pouvoir échanger sur les chiffres, les décisions prévues et donc les conséquences qui en découlent. Courrier, assurait-on du côté de la compagnie, qui n'était pas encore parvenu jusqu'à la principale intéressée hier en fin d'après-midi.
Ce matin, c'est David Lisnard, avec sa casquette de président du CRT Côte d'Azur qui, à son tour, expliquait dans un courrier à nouveau à Anne Rigail, que « cette stratégie de recentralisation sur Paris et le sacrifice des emplois en province est inacceptable pour la deuxième région touristique de France » et constitue un mauvais signal au moment où on prépare relance économique et touristique.
Outre les 210 salariés concernés si l'on comptabilise les bases de Nice - 80 personnes - et Marseille - 130 personnes, soit 329 salariés au total en y englobant Toulouse-Blagnac, c'est l'économie locale qui s'en trouve affaiblie. Pour plusieurs raisons.
L'une des craintes pointées est la conséquence que ces fermetures auraient sur le nombre de rotations effectuées par Air France. En résumé : les vols seraient-ils réduits ? Non affirme-t-on du côté de la compagnie aérienne, les fermetures qui sont présentées comme « envisagées mais pas annoncées », n'auraient pas d'impact ni sur la fréquence, ni sur le nombre de sièges proposés. Un sujet qui n'est pas envisagé du tout de la même façon du côté des syndicats. Car comme l'explique Stéphane Pasqualini, délégué syndical FO, ce qui serait fortement susceptible de se produire, c'est de voir Transavia, la compagnie low-cost appartenant au même groupe, venir se « substituer » à Air France. Une crainte que confirme une source proche du dossier à La Tribune. « Les pilotes (Air France NDLR) ont négocié des conditions spécifiques pour un retour à Paris ou pour aller voler chez Transavia. Transavia qui embauche, côté personnel naviguant commerciaux, des jeunes, payés très peu ». « C'est une façon de nous pousser vers la sortie », renchérit Stéphane Pasqualini. Qui rappelle que c'est précisément ce schéma qui vient de se produire à l'aéroport de Toulon-Hyères (comme à Montpellier) où sitôt le départ d'Air France effectif, c'est Transavia qui s'est positionnée.
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