AAA, Lauak : la réembauche en contrat précaire de salariés licenciés fait des vagues
Florine Galéron
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Les salariés d'AAA avaient manifesté contre le plan social en septembre dernier à Toulouse.
Rémi Benoit
Alors qu'une remontée des cadences chez Airbus se profile, certains sous-traitants aéronautiques qui avaient licencié se retrouvent en manque de bras. Dans le Sud-Ouest, la CFDT dénonce chez AAA et Lauak la réembauche en contrat précaire de salariés qui figuraient dans le plan social. Une version fermement démentie du côté de Lauak, "une entreprise familiale qui a développé l'emploi dans le Pays basque". Pour leur part, les syndicats craignent une "vague de fond" marquant "un dumping social" au sein de la filière.
"C'est ce que nous craignions dès l'annonce du plan social. Nous savions que lorsque l'activité reprendrait, elle repartirait très fort. Ce PSE représentait une réelle aubaine pour l'entreprise de baisser le coût de sa masse salariale et d'accentuer sa rentabilité", fustige Julien Da'Rolt, délégué syndical central CFDT chez AAA.
Mais depuis quelques semaines, alors qu'Airbus prévoit de redémarrer très fort avec une production d'avions jamais observée dans l'histoire de l'aviation, des salariés qui figuraient dans le plan social d'AAA sont de retour dans l'entreprise... avec de nouveaux contrats de travail.
"Depuis quelques mois, nous avons remarqué que l'intérim reprend fortement. De 90 intérimaires à la fin du plan social en octobre, nous sommes revenus à 150 personnes aujourd'hui. Nous avons aussi pu observer que des salariés placés en congé de reclassement depuis le mois de décembre ont été réintégrés ces dernières semaines sur des contrats précaires (des CDI de chantier ou de l'intérim). Parfois exactement au même poste mais avec un nouveau contrat calqué sur les minimas de la grille et perdant toute leur ancienneté malgré leur expérience",dénonce Julien Da'Rolt.
Pour le syndicaliste, l'entreprise déroge à l'usage prévu des CDI de chantier qui sont signés pour la durée d'un chantier ou d'un projet défini à l'avance : "Là, ce n'est pas le cas. Mais comme il n'y a pas de visibilité des donneurs d'ordres (Airbus, Stelia ou Dassault), notre entreprise ne prend pas le risque de refaire un CDI. De leur côté, les salariés acceptent car certains ont quasiment travaillé toute leur vie dans l'aéro et ils sont à court d'argent. En congé de reclassement, ils touchaient une allocation correspondant à 70% de leur ancienne paie."
La CFDT a été alertée d'un scénario similaire chez un autre sous-traitant aéronautique, Lauak. Le groupe basque qui travaille pour Airbus, Boeing Dassault ou encore Bombardier a annoncé en août 2020 un plan de 200 suppressions de postes dont 120 sur son siège social de Hasparren-Ayherre (Pyrénées-Atlantiques) et 60 à l'Isle-Jourdain (Gers). La société a également fermé son site de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées) pour redéployer une partie des effectifs.
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