Déjà fragilisé par le plan social au sein de l'usine Bosch de Rodez, qui va générer la suppression de plusieurs centaines d'emplois industriels, le département de l'Aveyron va-t-il connaître une nouvelle déconvenue sociale dans les semaines à venir ?
À quelques dizaines de kilomètres seulement de ce premier séisme économique, l'équipementier allemand étant jusqu'alors le premier employeur privé du territoire, le dossier de la fonderie SAM, à Viviez-Decazeville, inquiète au plus haut point. Placée en redressement judiciaire depuis décembre 2019, la fonderie - spécialisée dans la conception et la production de composants en aluminium notamment pour les véhicules électriques et hybrides - est désormais en liquidation judiciaire depuis le 16 septembre, avec une période de poursuite d'activité renouvelable une fois.
En soi, rien d'alarmant sur le papier, sauf que ce site industriel historique de 350 salariés n'a toujours aucun repreneur intéressé à quelques jours d'une audience décisive au tribunal de commerce de Toulouse, fixée au 22 octobre. Une situation qui pourrait pousser l'instance à prononcer l'arrêt pur et simple de l'activité du site avant même la fin du sursis accordé. Dans ce contexte, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, ainsi qu'Agnès Pannier-Runacher, la ministre délégué à l'Industrie, ont pris la plume, samedi 16 octobre, pour pousser Renault à trouver activement une solution, appelant même "le groupe à être à la hauteur de ses responsabilités".
"Renault étant la clé de voûte de l'ensemble de ces négociations, nous vous demandons formellement de convaincre tout repreneur financièrement et industriellement solide de déposer une offre de reprise pérenne pour Jinjiang SAM, avant ou plus proche de l'audience du 22 octobre prochain du tribunal de commerce de Toulouse, et en tout état de cause avant le 10 décembre 2021, fin de la période des trois mois de poursuite des activités", écrivent les deux ministres à l'attention de Jean-Dominique Senard, le président de Renault et son directeur général Luca De Meo.