C'est à la fois un coup de gueule, une alerte voire un cri d'inquiétude de leur part. Le CSE de Sigfox et les 180 salariés qu'il représente "refusent que l'élection présidentielle (en France) mettent en péril leur avenir", déclarent-ils dans un communiqué transmis dans la soirée du mardi 12 avril.
Pour comprendre, il faut revenir près de trois mois en arrière. Ancienne star de La French Tech grâce à sa technologie 0G, qui se présente comme un réseau de télécommunication bas débit pour l'internet des objets (IoT), la startup Sigfox est placée en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Toulouse, le 26 janvier. Par l'intermédiaire de cette procédure, une dizaine de candidats se positionne pour reprendre la société qui emploie près de 300 personnes dans le monde dont une grande partie à Labège, au sud-est de la Ville rose, qui abrite le siège social.
Après auditions des candidats et échanges avec le CSE, suivis d'une audience décisive au tribunal de commerce de Toulouse mardi 5 avril pour présenter leur projet respectif, seulement quatre sont encore en course pour reprendre la maison mère, Sigfox Corp, et la filiale France, soit 180 salariés. Comme révélé par La Tribune, sur les quatre dossiers restants, deux sont écartés par l'organe représentative du personnel avec un avis défavorable, un dispose d'un avis réservé et un autre un avis favorable. Pour ce dernier, il s'agit d'Unabiz, un opérateur Sigfox pour la zone Taïwan et Singapour fondé et dirigé par un ancien salarié de la startup. Mais cette offre pourrait être jetée à la poubelle par le tribunal de commerce de Toulouse en raison d'un aspect juridique (mais aussi très politique), malgré qu'elle ait les faveurs de la direction, du CSE et des salariés...