Pour s’adapter au contexte très particulier de cette saison, les acteurs régionaux de l’œnotourisme révisent leur offre pour cibler une clientèle française et prennent toutes les mesures pour assurer la sécurité de leurs visiteurs. Enquête en Occitanie.Et si le Covid-19 se révélait une opportunité pour le développement de l'œnotourisme dans la région ? C'est l'hypothèse audacieuse que soutient Marc Jonas, consultant en œnotourisme basé à Nîmes.
«Les deux mois de confinement durant lesquels les Français ont été privés de contacts humains, de nature et d'activités épanouissantes, ont généré de la frustration et une appétence plus forte encore pour des pratiques faisant sens, confie-t-il.L'offre oenotouristique peut répondre à ces attentes, pour peu que les vignerons mettent en avant un point majeur d'attractivité : l'aspect vivant, authentique de la destination, qui ne peut être garanti que par l'implication des autochtones. »
Capter les touristes français
Dans les entreprises, tout est mis en œuvre, après une saison de printemps catastrophique, pour sauver la saison estivale.
«Les deux mois de confinement nous ont fait perdre toute la clientèle des séminaires d'entreprise, qui généralement réserve à cette période. Et habituellement l'été, nous accueillons une clientèle plus familiale qui, pour 90 %, est étrangère,», raconte Mélanie Ceysson, responsable de la communication du Château des Carasses à Quarante et du château Saint-Pierre de Serjac à Puissalicon, deux résidences hôtelières haut de gamme, nichées au cœur de domaines viticoles héraultaise.Cette année, nous avons revu nos tarifs pour capter des touristes français. Nous maintenons une offre haut de gamme, mais en nous adaptant au contexte : nos restaurants seront ouverts en terrasse avec une jauge de clients plus limitée et nous proposerons des livraisons de repas ou des formules"paniers du chef"avec tous les produits pour cuisiner les recettes du chef dans nos sites. Nous avons programmé leur réouverture le 15 juin et les réservations sont pour le moment plutôt encourageantes. »
En revanche, tous les projets de développement oenotouristiques prévus au château de l'Esparrou à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) sont en stand-by : « Nous avions prévu deux événements par semaine dans la cour du château capable d'accueillir jusqu'à 300 personnes et la mise en place de parcours pédestres dans les vignes. Pour le moment tout est suspendu, le site est fermé au public dans l'attente des annonces gouvernementales ».
Déjeuner dans l'oliveraie
Aux Domaines Paul Mas (Hérault), Jean-Claude Mas, le dirigeant fondateur de l'entreprise a également cogité pour adapter son concept de luxe rural porté par le restaurant gastronomique Côté Mas à Montagnac.
«Cette année, ce sera le"Flunch rural",plaisante Jean-Claude Mas. La salle de restaurant va se déplacer dans l'oliveraie au pied du restaurant, où nous pourrons aisément respecter la distanciation sociale. Les plats préparés par le chef seront toujours au niveau d'un restaurant gastronomique, mais il n'y aura plus de service en table, les clients viendront récupérer leurs assiettes et choisiront leur bouteille de vin au caveau. Nous garderons un service en salle pour un nombre réduit de couverts dans le restaurant et sur la terrasse.»
Le restaurant et le caveau sont essentiellement fréquentés par des résidents locaux, français ou étrangers, propriétaires de résidences secondaires dans le coin.
L'atout d'un site en pleine nature
Au Château l'Hospitalet, propriété de Gérard Bertrand sur le massif de La Clape (Aude), les équipes sont également sur le pont pour préparer la saison. Elles espèrent pouvoir maintenir le festival Jazz à l'Hospitalet, qui chaque année fin juillet réunit 1 500 personnes pour cinq dîners-concerts en plein air.