Pour son premier déplacement depuis sa nomination dans le gouvernement Borne 2, Olivia Grégoire, ministre déléguée en charge des PME, du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme, est venue rencontrer les acteurs du tourisme à La Grande Motte, haut lieu historique du tourisme français.
Alors que la saison estivale entre dans sa phase haute et que le préfet de l'Hérault, Hugues Moutouh, annonce une augmentation de 30% de la fréquentation touristique cette année par rapport à 2021, les professionnels accumulent les difficultés, qu'ils ont exposées à la ministre : au-delà des inquiétudes sur les effets d'un pouvoir d'achat en berne et d'un budget vacances largement amputé par le coût du carburant, tous évoquent en premier lieu la problématique de recrutement. Les métiers sont en tension maximum et certains établissements risquent de ne pas ouvrir en pleine capacité faute de main d'œuvre...
Aux avant-postes, Jacques Mestre, le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) dans l'Hérault (1.000 adhérents) : « Le vrai problème que nous avons, c'est l'emploi, alors que les salaires ont été revalorisés. Dans mon entreprise, les premiers salaires sont à 2.000 ou 2.500 euros nets, et c'est bien plus en cuisine ! Mais plus personne ne veut travailler le samedi et le dimanche. Pourtant, il y a bien des métiers où c'est pareil, les cinémas, les boulangeries, etc. Il faut arrêter de diaboliser nos métiers ! Pour ceux qui travaillent, l'hébergement est un problème : à La Grande Motte par exemple, ils trouvent des studios à 400 euros la semaine, ce qui engloutit une grosse partie de leur salaire. Et j'ai oublié le problème du transport pour rentrer tard le soir quand ils habitent loin ! Enfin, il y a trois mois, j'ai voulu mettre en place une formation avec la CCI, Pole Emploi et la Mission Locale : on proposait quatre mois de formation et un mois dans l'entreprise. A la sortie, seulement six candidats ont voulu travailler et je ne les ai pas formés car ça coûtait trop cher pour seulement six personnes... Il faut faire quelque chose et rapidement car l'an prochain, ce sera la catastrophe ! ».