L'autoentreprenariat sauvé par son succès
Fabien Piliu
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Fleur Pellerin l'a bien précisé lors de la présentation des Assises. Il n'est a priori pas question de modifi er ce régime de l'autoentrepreneur, sinon à la marge pour limiter certains abus comme le salariat déguisé ou la concurrence déloyale. Ce statut, créé le 1er janvier 2009 et adopté par un million de personnes, fait désormais bel et bien partie de la grande famille entrepreneuriale. Un discours qui tranche avec celui de Sylvia Pinel, la ministre du Commerce et de l'Artisanat, qui n'a jamais témoigné d'une grande sollicitude envers l'autoentreprise. Dans le sillage des propos tenus par le candidat Hollande pendant la campagne électorale - celui-ci avait évoqué la concurrence déloyale faite aux artisans -, elle a demandé un rapport à l'Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) et à l'Inspection générale des fi nances (IGF) qui rendront leurs conclusions fin février. « En intégrant les autoentrepreneurs à ces Assises, le gouvernement reconnaît le rôle social et économique de ce régime », se réjouit François Hurel, l'auteur d'un rapport sur l'autoentreprise (2008), devenu président de l'Union des autoentrepreneurs.
Selon ses calculs, 22% des autoentreprises deviennent des entreprises à part entière au bout d'un an d'existence, le plus souvent parce que leurs fondateurs sont convaincus de la viabilité de leur projet. Une viabilité qui se traduit par un dépassement rapide du seuil de chiffre d'affaires accordé aux autoentrepreneurs (32.600 euros pour une activité de service). Ainsi, un quart des 300.000 autoentreprises (sur un total de 550.000 entreprises créées en 2012) enrichiront bientôt l'économie.
Selon un sondage réalisé par Evo Portail, site spécialisé dans l'accompagnement des autoentrepreneurs, 90% des personnes interrogées affirment leur attachement à ce modèle économique « qui a changé leur vie tout en leur permettant d'être autonomes financièrement ». Et le phénomène ne s'essouffle pas : depuis la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, le rythme des inscriptions s'accélère. Il serait passé de 800 à 1.000 par jour, selon Bercy.
Dernier vestige du « travailler plus pour gagner plus » du précédent quinquennat, le régime a pris une autre dimension, plus sociale. Actuellement, sur le million d'autoentrepreneurs, 25% sont des salariés, 20% des retraités, plus de la moitié des demandeurs d'emplois, et le reste surtout des étudiants. Autrement dit, si ce statut permet de se lancer dans une aventure entrepreneuriale, il donne aussi la possibilité aux demandeurs d'emploi d'enrichir leur CV. « Lors d'un entretien d'embauche, témoigner de son dynamisme en présentant son autoentreprise est bien vu », assure François Hurel.
Fabien Piliu
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