Fiscalités valseuses
Robert Jules
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Robert Jules
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
La décision prise par l'acteur Gérard Depardieu de partir s'installer en Belgique n'en finit pas de faire des remous. N'ayant que peu goûté de voir qualifier son choix de « minable » par Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, il s'est fendu d'une lettre à ce dernier qui sur le ton de l'ironie ne l'envoie pas dire.
A lire la missive, on ne voit pas où est le scandale, que dénonce par exemple la ministre de la Culture Aurélie Filippetti. Le génial acteur des « Valseuses », ce film cultissime des années 1970 qui fustigeait l'esprit étriqué de la société française d'alors, fait un bilan en tant que citoyen, et contribuable, de sa vie passée, et quelques réflexions sur le fonctionnement de la France (par exemple, l'évocation de la lourde condamnation de son fils disparu Guillaume pour détention d'héroïne). Surtout, il souligne combien l'insulte (« minable ») adressée à lui, et lui seul, apparaît déplacée au regard du mouvement d'évasion fiscale en cours, qu'accueillent à bras ouverts nos pays voisins comme la Grande-Bretagne et la Belgique. Curieuse d'ailleurs cette expression car à y bien réfléchir, on s'évade en général des prisons.
Au delà du cas Depardieu, le vrai problème réside dans la politique économique et fiscale que veut mener le gouvernement. Pour le moment, on constate une hausse des impôts appliquée au nom de la nécessité de réduire le déficit public sans remettre à plat le coût du fonctionnement de l'Etat. Rappeler le principe de solidarité en des temps difficiles est louable, mais on attend aussi d'un gouvernement qu'il ait l'ambition de mener une politique claire qui fixerait des objectifs réalistes et lisibles par tous, riches et moins riches. Dans ce cas, les efforts des uns et des autres seraient menés en vue d'une amélioration future.
Or, on ne peut qu'être sceptique lorsqu'on entend Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie, espérer atteindre en 2013 un taux de croissance de 0,8% - l'OCDE prévoit, elle, + 0,3% - et honorer l'engagement pris auprès de l'Europe d'un déficit public contenu dans les 3% du PIB, quand bon nombre d'acteurs n'y croient pas.
Robert Jules