Les habits de l'austérité
Robert Jules
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Lorsqu'en 2010, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) décidèrent de prêter de l'argent à la Grèce, incapable de pouvoir emprunter sur les marchés internationaux en raison de taux rédhibitoires, le but était d'arriver à l'assainissement de ses comptes publics.
Ce qui passait par la mise en place d'une politique d'austérité, très décriée depuis, et même, curieusement, par les instances dirigeantes du FMI. Mais, paradoxalement, les experts de l'institution qui inspectent dans le cadre des troikas certains pays ne relâchent pas leur pression. De toutes façons, l'Allemagne tient le cap, au nom de l'aléa moral.
Des résultats moins désespérants
Pourtant, après une deuxième aide et une restructuration de la dette souveraine, en passant par un régime de rigueur qui a mis la population à genoux, la Grèce peut commencer à afficher quelques résultats moins désespérants. Ainsi, selon la Banque centrale du pays, le déficit de la balance courante a été réduit de 73% en 2012, pour tomber à quelque 5,6 milliards d'euros. Il n'a jamais été aussi bas depuis l'entrée du pays dans la zone euro.
Surtout, cette balance se rapproche du point où elle deviendra positive, ce qui signifiera que la Grèce pourra commencer à rembourser sa dette. Le FMI y veille, c'est même là sa principale mission. Cette spectaculaire baisse est évidemment dûe à des intérêts moindres sur une dette, dont les investisseurs privés ont effacé 75%, une baisse des importations (- 12% hors énergie) et une amélioration des exportations (+ 3,8%).
Changement de culture dans les institutions étatiques
Autre indicateur: les prix à la consommation ont baissé pour la première fois depuis 1996. Mais c'est surtout le changement de culture en cours dans les institutions étatiques qui est le plus spectaculaire et porteur d'amélioration d'un Etat malade de son clientélisme et de sa lourde bureaucratie. Ainsi, si l'on en croit Antonis Manitakis, ministre grec de la Réforme administrative et de la e-gouvernance, les structures administratives auraient diminué de quelque 40 %, ce qui va entraîner une économie du coût du fonctionnement de l'Etat de 12%. Par ailleurs, les effectifs dans la fonction publique devraient être réduits de 20% au terme de cinq ans.
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Robert Jules