Chypre : gestion de la crise ou crise de la gestion en Europe
Robert Jules
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Dimanche soir, les responsables européens et du Fonds monétaire international (FMI) essayaient toujours de trouver un accord pour sauver Chypre de la faillite. La Banque centrale européenne (BCE) a en effet donné à Nicosie jusqu'à lundi, avant de fermer le robinet des liquidités vers les banques de l'île.
Cas d'école
Quelles leçons tirer de ce qu'il faut bien appeler le fiasco européen de la crise chypriote, une économie qui représente moins de 0,5% de celle de l'Union européenne, et qui sera amené à devenir dans les historiens de l'économieun cas d'école.
Après avoir laissé durant plusieurs semaines la situation de Chypre se dégrader, les Européens avaient trouvé « en urgence » dans la nuit du 15 au 16 mars un plan qui prévoyait, pour débloquer une aide de Bruxelles et du FMI de 10 milliards d'euros, la nécessité de taxer les dépôts bancaires (6,5% au-dessous de 100.000 euros et 9,9% au-dessus) pour lever les quelque 7 milliards d'euros supplémentaires nécessaires au sauvetage des deux banques chypriotes virtuellement en faillite.
Sur le papier, tout était parfait. Mais dans la réalité, les conditions de ce plan ont été dénoncées pour ce qu'elles étaient, une pure et simple spoliation. Tout le monde a rétropédalé, chacun rejetant la faute sur les autres. Comme l'a indiqué, dans un euphémisme, Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur, il y a eu une « mauvaise appréciation de l'impact d'une taxe sur les dépôts inférieurs à 100.000 euros ». Le tir va donc être rectifié, le principe de droit sur les dépôts ne s'appliquerait pas à tous : celui qui a 99.999 euros ne sera pas taxé, celui qui a en revanche 100.001 euros le sera. Question de principe, dira-t-on à Bruxelles.
Cas particulier
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Il est avancé par ailleurs que cette mesure est exceptionnelle. Le problème dans cette gestion de crise de la crise européenne depuis 2010, c'est que tout est exceptionnel. Avant Chypre, c'était les élections italiennes et son résultat désastreux pour le Premier ministre sortant, Mario Monti, qui étaient taxées de cas particulier.
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Robert Jules