Pourquoi le président chinois mène-t-il une implacable lutte contre la corruption?

Romain Renier
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Romain Renier
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
C'est une véritable opération de nettoyage des élites qu'est en train de réaliser le président de la République populaire de Chine Xi Jinping. La Commission centrale de contrôle de la discipline, dont le chef est un proche du président, aurait en effet obtenu la coopération de l'ex-ministre de la Sécurité de l'État Zhou Yongkang dans le cadre de la vaste opération de lutte contre la corruption menée par le pouvoir central.
La semaine dernière, le South China Morning Post avait déjà rapporté qu'une enquête pour corruption était sur le point d'être menée à l'encontre de Zhou Yongkang, sans pouvoir pour autant l'affirmer. Finalement, l'ancien homme fort, aujourd'hui à la retraite, s'en sort avec une simple audition, alors que beaucoup s'attendaient à le voir tomber.
Depuis le printemps dernier, des rumeurs circulaient à Pékin sur une alliance entre Zhou Yongkang et l'étoile filante du Parti communiste chinois Bo Xilai, aujourd'hui accusé de corruption, pour contrer le dauphin de Hu Jintao, Xi Jinping, dans la course à la présidence.
Selon les analystes, Zhou Yongkang ne devrait son salut qu'à son retrait de la vie publique. Mais, si la rumeur d'un pacte secret avec Bo Xilai n'est pas confirmée, l'ancien tsar de la sécurité du parti aurait été l'un de ses soutiens principaux lors de la réunion du Comité central du parti communiste chinois qui avait fini par décider de mettre fin aux fonctions de la star montante de l'époque.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
Depuis cette décision, les têtes ne cessent de tomber. La dernière en date est celle de Jiang Jiemin, le directeur de la Commission d'administration et de contrôle des biens publics qui s'est retrouvé débarqué de son poste. Un signal fort de la part de l'autorité centrale, car Jiang Jiemin est la première victime de rang ministérielle de cette grande opération anti-corruption. Celui qui était aussi l'ancien président de la société pétrolière chinoise (Cnpc) est soupçonné de "graves violations disciplinaires", a rapporté l'agence de presse Xinhua, c'est-à-dire de corruption dans le jargon officiel du parti communiste chinois.
Romain Renier