Bo Xilai : quand un ancien “prince rouge“ comparaît devant la justice chinoise

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Bo Xilai, ancien cacique du parti communiste chinois, doit être jugé à partir du 22 août - (Photo Reuters)
Bo Xilai, ancien cacique du parti communiste chinois, doit être jugé à partir du 22 août - (Photo Reuters) (Crédits : AFP)
Le procès de Bo Xilai, ancien haut responsable du parti communiste chinois un temps destiné à diriger le pays, débute ce jeudi à Jinan (nord-est de la Chine). Accusé notamment de corruption et d’abus de pouvoir, sa condamnation probable assoit avec éclat l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante au pouvoir.

Il espérait devenir l'homme fort de la Chine. Il comparaît ce jeudi devant ses juges. Bo Xilai, 64 ans, cette "étoile montante" déchue du parti communiste chinois connaîtra sa sentence après un procès d'un ou deux jours sous haute surveillance et entouré de mystère. Les observateurs étrangers n'y sont a priori pas les bienvenus, comment l'ont indiqué plusieurs correspondants sur place, notamment au Washington Post . Mais si, selon la chaîne chinoise Phoenix, proche du pouvoir, l'audience, qui pourrait cependant être télédiffusée

Comment juger Bo Xilai?

Une situation plutôt floue qui démontre à quel point la façon même dont les autorités chinoises jugeront celui qui fut l'un des siens constitue l'une des grandes inconnues de cette audience. Ses enjeux sont d'autant plus élevés que ce procès très attendu rappelle un précédent historique de taille, qui s'est déroulé dans des circonstances bien différentes. C'est en effet la première fois depuis la chute de "la bande des quatre", en 1976 dont faisait partie la veuve de Mao, Jiang Qing, jugée quatre ans plus tard, qu'une personnalité importante du parti comparaît. Bo Xilai ancien secrétaire du parti communiste de la mégapole de Chongqing (dans le nord-ouest du pays) était promis à un futur brillant au sein de l'appareil d'Etat avant sa disgrâce en mars 2012. 

Le "Kennedy chinois"...

Ce "prince rouge", fils de l'un des "huit immortels" de la Révolution, qui fut surnommé le "Kennedy chinois" en raison d'un style plus décontracté que la plupart des responsables politiques chinois, espérait récupérer une place dans le Comité permanent du Politburo composé de 9 membres. Il menait le parti depuis 2007 dans la municipalité de Chongqing, 30 millions d'âmes, et s'était fait remarquer notamment pour sa campagne de lutte musclée contre la criminalité ainsi que pour sa défense d'une ligne politique et idéologique néo-maoïste. Mais la chute, en février 2012 de son adjoint Wang Lijun, a précipité la sienne. 

... accusé de corruption

Aujourd'hui, Bo Xilai est accusé d'avoir obtenu 20 millions de yuan (2,44 millions d'euros) en pots-de-vin, détourné des fonds publics pour un montant de 5 millions de yuan (610.000 euros) et abusé de son pouvoir, selon un document interne au parti dévoilé par le Wall Street Journal dans son édition du 20 août 2013.

Une autre inconnue du procès concerne la présence ou non de son épouse, l'avocate Gu Kailai, condamnée à mort avec sursis en août de l'année dernière, pour l'assassinat d'un homme d'affaires britannique Neil Heywood, scandale qui avait d'ailleurs contribué à la chute de Bo Xilai.

>> Affaire Bo Xilai, un procès pour (presque) rien

Un homme toujours influent

La condamnation de ce dernier semble faire peu de doute auprès des observateurs internationaux. Sur la sévérité de la sentence, en revanche, le suspens demeure. Car, si la nouvelle équipe au pouvoir, et notamment Xi Jiping, le président chinois, semble vouloir tirer ainsi un trait sur un épisode ayant mis en lumière des scandales de corruption, les partisans de Bo Xilai seraient encore nombreux au sein du parti. A tel point que le nouveau dirigeant n'hésite plus, désormais, à se revendiquer lui aussi d'une ligne maoïste et marxiste.

>> Le Parti communiste chinois impose une ligne rouge à la libéralisation de l'économie 

Les partisans de la ligne néo-maoïste défendue par Bo Xilaï seraient même présents au-delà du parti. "La Chine marche sur le chemin tracé par Bo Xilai, sans Bo Xilai", Han Deqiang, professeur à l'université d'aéronautique de Pékin, cité par le New York Times. Mercredi, à la veille du début du procès, une poignée de sympathisants ont même manifesté devant le lieu où se tiendra cette fameuse audience, décidément très attendue.

Pour aller plus loin:

>> Bo Xilai, icare du parti communiste chinois

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Commentaires
a écrit le 22/08/2013 à 17:47 :
La Chine ne ressemble pas comme autre pays dite démocratie si un homme connue met sur le média public il disparaît la scène à tout jamais.
a écrit le 22/08/2013 à 11:25 :
la chine n echape pas au proplemes de la corruption c est vieux comme le monde? QUESTION ? QUEL EST LE MEILLIEUR PARADIE ? LE PARADIE COMMUNITE, OU LE PARADIE CAPITALISTE ?
a écrit le 22/08/2013 à 2:20 :
A ce tarif qui ne represente presque rien compare aux habitudes chinoises il va ecoper d une peine symbolique. Il doit avoir dans ses cartons bien assez a faire tomber le politburo. D ailleur, a son air decontracte, on voit qu il n a pas grand chose a perdre. Derriere une vie tranquile de milliardaire l attend.

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