Pourquoi les dirigeants des PME françaises manquent d'ambition
Jean-Christophe Chanut
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Que savons nous réellement des dirigeants de PME ? Qui sont-ils ? Quels sont leurs blocages face aux seuils de développement de leur entreprise ? Souhaitent-ils vraiment que leurs PME grandissent ?
Autant de questions, parfois iconoclastes mais rarement posées, auxquelles tente de répondre (et y parvient !) un ouvrage intitulé « Qui sont vraiment les dirigeants de PME ? » (Editions EMS, 191 pages ; 15 euros), placé sous la direction scientifique de Didier Chabaud, président de l'Académie de l'Entrepreneuriat et de l'innovation et professeur d'économie à l'université d'Avignon. Cette initiative revient à l'association Ariane compétences & Management dont la vocation est de favoriser la mise en réseau de tous ceux qui veulent contribuer à la formation continue des cadres et dirigeants, en particulier de PME et de TPE.
48% des patrons de PME ont plus de 65 ans
Le livre révèle d'abord quelques données peu connues, issues d'un sondage réalisé par Ariane auprès de 483 PME de 10 à 250 salariés, qui montrent surtout l'extrême diversité des « styles » de PME. Le patron de PME est un homme dans 73% des cas. Il est relativement âgé puisque 48% ont plus de 65 ans et 9% seulement moins de 50 ans. Dans 27% des cas, le dirigeant est un fondateurs ou un héritier (22%). Il est aussi parfois un repreneur (13%) ou un ancien salarié (13%). Il est surtout, fait peu connu, dans 70% diplômé de l'enseignement supérieur.
S'agissant de la pérennité des PME, 39% ont plus de trente ans et 23% moins de 12 ans. Les « petites » PME sont dominantes : 83% comptent 10 à 49 salariés ; 14%, de 50 à 149 salariés... et seulement 3%, de 150 à 249 salariés.
La référence: le Mittelstand allemand
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C'est peut-être là que se situe la principale différence avec l'Allemagne et son fameux Mittelstand, c'est-à-dire ces PME industrielles de taille intermédiaire qui assurent à travers le monde le succès du « made in Germany ». Outre-Rhin, les PME sont plus grandes, 12% ont entre 150 et 249 salariés, et elles ne sont « que » 75% à avoir moins de 49 salariés. Ce qui n'est pas sans conséquence sur le chiffre d'affaires. La majorité des entreprises françaises tablent sur un chiffre d'affaires (CA) plus faible que leurs homologues allemandes : 12% des PME françaises prévoient un CA inférieur à 1 million d'euros et 14% entre un et deux millions, contre respectivement 4% et 8% pour l'Allemagne.
Jean-Christophe Chanut