Diya One, un robot qui se creuse les neurones

Isabelle Boucq

Isabelle Boucq
En ce moment, Ramesh Caussy suit l'actualité avec une attention toute particulière. Non seulement les robots sont à la mode, mais une récente annonce l'a particulièrement intéressé : la création du fonds d'investissement Robolution Capital, dévoilée par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, et Bruno Bonnell, le patron de Robopolis (robotique personnelle), fonds doté de 80 millions.
Lui n'a pas attendu Robolution Capital pour se lancer. De ses vingt ans passés dans trois grands groupes, un français et deux américains (Alcatel, 3Com et Intel), il a retenu quelques leçons.
En 2007, il travaille chez Intel, mais trouve son « espace de créativité » trop restreint.
Neuro-inspiré, Diya One, son robot ? À partir de la fin de 2009, Partenering 3.0 a en effet travaillé avec le laboratoire du CNRS ETIS et ses experts en neurocybernétique. Pendant que l'équipe interne de la société (dix personnes dont sept à la R&D) concevait le robot, le laboratoire public se chargeait de lui donner une intelligence inspirée du comportement animal, comme celui des papillons ou des fourmis qui sont performants sans demander de gros processeurs, ou certaines fonctions du cerveau hébergées dans l'hippocampe ou le cortex préfrontal.
Les premières missions de Diya One seront de détecter les pollutions de l'air dans des espaces confinés comme des bureaux ou des écoles. Mais aussi de contrôler les dépenses d'énergie en se connectant à des prises intelligentes brevetées par Partnering 3.0. La société développera une plate-forme évolutive qui permettra, à terme, à Diya One de rendre d'autres services, dans la téléprésence ou l'e-santé. D'après son créateur, Diya One est unique en son genre.
Pour l'instant, Diya One existe sous forme de prototype avancé que l'entrepreneur espère commercialiser en 2015 après avoir trouvé un partenaire pour l'aider à financer l'industrialisation. À noter que Partnering 3.0 s'est également adossé au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), qui covalide ses solutions. Ramesh Caussy évoque un business model différent et des innovations dans le produit pour faciliter son acceptation dans l'environnement où il s'intégrera : « Il faut lui donner sa place comme à un animal de compagnie. »
Jusqu'ici, Ramesh Caussy s'est appuyé sur des subventions et des prêts à taux zéro, sur l'aide de Bpifrance et celle du Centre francilien de l'innovation (CFI), mais il a aussi tiré parti du statut de Jeune entreprise innovante agréé au Crédit impôt recherche. Il juge qu'il s'agit là de bons dispositifs, même s'il regrette des conditions d'application trop strictes.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Ramesh Caussy n'est cependant pas du genre à se concentrer sur un seul projet, aussi ambitieux soit-il. Ne dormant que quatre ou cinq heures par nuit, il a du temps pour s'impliquer dans la recherche en tant que chercheur associé en économie et en gestion à l'École Polytechnique.
Selon les années, d'ailleurs, il donne des cours à HEC, à l'ESCP Europe, et à Polytechnique où il a fait une thèse en économie de l'innovation et management technologique. Il y retourne pour transmettre à une génération nouvelle le virus de l'innovation et de l'entrepreneuriat dans l'économique numérique.
Il a aussi fondé l'Institut de l'économie numérique à Cergy (Val d'Oise) où est basée son entreprise, afin de former des étudiants à l'entrepreneuriat en parallèle de leurs écoles d'origine. Enfin, Ramesh Caussy est devenu président mondial du comité sciences et technologies de la Global Organization of People of Indian Origin, qui regroupe plus de 30 millions de personnes de la diaspora indienne, avec une forte représentation dans des centres névralgiques comme la Silicon Valley.
Isabelle Boucq