Climat : accord à Cancún

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Réunis à Cancún, 190 états ont réussi à se mettre d'accord pour lancer un Fonds vert pour aider les pays en développement.

Près de 200 pays réunis sous l'égide de l'ONU ont adopté ce samedi dans la station balnéaire de Cancun (Mexique) un texte déclinant une série de mécanismes pour lutter contre le changement climatique. Le point fort de cet accord préliminaire est la création d'un Fonds vert pour aider les pays en développement à s'adapter au changement climatique qui provoque inondations, sécheresse et montée du niveau des eaux. Le document présente également des mesures pour la protection des forêts tropicales et le partage des technologies vertes comme le solaire ou l'éolien.

Un an après l'échec du sommet de Copenhague, l'accord de Cancun "ouvre une nouvelle ère pour la coopération internationale sur le changement climatique", a estimé la ministre mexicaine des Affaires étrangères, Patricia Espinosa. Toutefois, l'accord obtenu est a minima puisqu'il ne prévoit aucun engagement à prolonger au-delà de 2012 le protocole de Kyoto, qui fixe des objectifs contraignants aux seuls pays industrialisés, à l'exception des Etats-Unis. Les pays riches et pauvres sont en désaccord sur l'avenir du protocole et renvoient à 2011 la résolution de leur conflit. Le Japon, la Russie et le Canada ont déjà prévenu qu'ils ne prolongeraient pas le protocole de Kyoto et ont réclamé un nouveau traité incluant les autres pays émetteurs de gaz à effet de serre, à commencer par les Etats-Unis, la Chine et l'Inde.

En dépit de l'enthousiasme suscité par ce texte parmi les pays participants, qui fait oublier Copenhague, cet accord n'a pas été adopté par la Bolivie, seul pays à s'être prononcé contre le texte. "La règle pour l'adoption est le consensus", a pourtant rappelé le négociateur bolivien Pablo Solon, évoquant ainsi un " précédent funeste ". La Bolivie estime que ce document "autorise une progression de la température moyenne, qui exposera davantage de gens à la mort", avait déjà affirmé le délégué bolivien. Quelques jours plus tôt à Cancun, le président Evo Morales avait accusé les pays industrialisés de commettre un " écocide ". 

Mais, selon Patricia Espinosa, "la règle du consensus ne signifie pas l'unanimité, ni qu'une délégation puisse prétendre imposer un droit de veto sur une volonté qui avec tant de travail a été accomplie". Selon Jake Schmidt, de l'ONG Conseil de défense des ressources naturelles (NRDC), "l'accord est trouvé. Il y aura probablement une note en bas de page disant que la Bolivie l'a contesté"."Nous avons maintenant un texte qui n'est pas parfait mais qui constitue sans aucun doute une bonne base pour aller de l'avant", a commenté pour sa part Todd Stern, chef de la délégation américaine.

 

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a écrit le 14/12/2010 à 12:25 :
Les pseudo "climato-sceptiques" vont toutefois continuer à s'activer pour leurs seuls intérêts lucratifs et polluants de courte vue en tentant de faire passer aux oubliettes les près de 40 milliards de tonnes de C02 émises chaque année par les activités humaines et qui s'accumulent durablement dans l'atmosphère avec leurs conséquences,
qu'importe pour eux également si les énergies fossiles sont par nature limitées, que leurs prix vont donc finir par s'envoler avec tout ce que cela implique, tensions, conflits etc.

Pour rappel, dans un ouvrage paru en mai 2010, "Merchants of doubt" Naomi Oreskes, professeur d'histoire des sciences de la terre à l'Université de San Diego et Erik Conway, historien à la Nasa, décrivent le rôle des think tanks dans la diffusion du climato-septicisme. «La négation du réchauffement climatique s'inscrit
dans une longue tradition de lobbying, lié à des positions idéologiques et non scientifiques».

"Dans la famille climatosceptique, on trouve des scientifiques conservateurs, familiers des lobbys industriels, d'autres qui critiquent le Giec parce qu'ils n'y retrouvent pas leurs conceptions du réchauffement climatique, d'autres encore qui voient dans la controverse un moyen de rester en scène..."

Les « semeurs de doutes » ne sont pas sceptiques. Ils ne basent pas leurs conclusions sur le poids des preuves scientifiques, au contraire.

Leur tactique est la création d?un village Potemkine autour de la science : un travail qui ressemble à de la science mais qui n?en est pas (par exemple d'abord nier le réchauffement climatique puis devant les preuves évidentes prétendre que le soleil en est l'unique responsable alors qu'il n'y a pas réchauffement des hautes mais seulement des basses couches de l'atmosphère, etc)

Et l?utilisation des médias bien sûr. Comment les « marchants de doutes » ont réussi à avoir une telle influence ?

Ils sont à la fois très bien financés et bien organisés. Ils travaillent par le biais de think-tanks qui apparaissent à première vue indépendants et objectifs, comme le George Marshall Institute et le Cato Institute...

En 1989, un an à peine après la création du Giec, des industriels opposés à toute mesure de réduction des émissions de gaz à effet de serre - en particulier Exxon, Shell, Texaco, General Motors, BP, Daimler-Chrysler ou encore Ford et Esso - se regroupent dans une organisation, la Global Climate Coalition (GCC), qui va activement promouvoir l'idée que le réchauffement est exagéré, que la science est trop incertaine pour imposer des contraintes à l'économie, etc. Malgré la dissolution de la GCC [en 2002], ces manoeuvres n'ont pas cessé. Elles s'appuient aujourd'hui sur un réseau de plusieurs dizaines d'organisations "non partisanes et à but non lucratif" - think tanks, cercles de réflexion et autres associations
professionnelles - financées par les industries polluantes ou par des fondations elles-mêmes affiliées à ces groupes industriels. De tels think tanks s'appuient sur les services d'un petit groupe de scientifiques, dont certains oeuvraient déjà en faveur des industriels du tabac dans les années 1980. Dans sa grande majorité,
le public français n'a jamais entendu parler de l'American Enterprise Institute (AEI), du Cato Institute, du Competitive Enterprise Institute (CEI), du George C. Marshall
Institute, du Heartland Institute, du Science and Environmental Policy Project (SEPP), de l'Alexis de Tocqueville Institution (AdTI), de l'American Petroleum Institute (API),
de The Advancement of Sound Science Coalition (TASSC), du Frontiers of Freedom Institute ou du Media Institute. Mais, si l'opinion ne connaît guère ces organisations, ce sont bien elles qui, outre-Atlantique, propagent dans les médias et sur le Net la
désinformation et les manipulations sur la question climatique.

Ces organisations ont en commun d'être toutes très proches du monde des affaires et des milieux libertariens ou néoconservateurs américains. Des personnalités qui ont tenu des rôles importants dans les administrations Reagan puis Bush père et fils, comme Richard Perle ou Dick Cheney par exemple, ont été - ou sont toujours - membres de plusieurs de ces "instituts".

En France de petits think tanks libéraux plus modestes que leurs aînés d'outre-Atlantique sont depuis peu très actifs dans la propagation du déni de changement climatique anthropique et interviennent, telles des sectes, dans différents forums, blogs,
conférences, réunions etc avec des arguments trompeurs pour le commun des mortels qui peut parfois s'y laisser prendre devant la complexité des aspects climatiques qui font appel à de nombreuses disciplines et des milliers de scientfiques depuis des décennies. Ces derniers publient, eux, dans des revues scientifiques
telle que leur fonction l'impose et leurs thèses sont donc, elles, en permanence remises en cause, contrôlées, vérifiables et vérifiées par leurs pairs, comme tout processus scientifique sérieux l'implique, ce qui n'est pas le cas de la démarche des pseudo "climato-sceptiques" dont le seul but est de sauvegarder leurs propres intérêts lucratifs et polluants tant qu'ils peuvent. Ils changeront de tactique comme l'industrie du tabac et d'autres, quand ils auront plus à perdre qu'à gagner.
a écrit le 13/12/2010 à 9:08 :
Je ne suis qu'un géophysicien et, comme tel, je sais que le prétendu "réchauffement climatique' de 1975 à 1998, qui avait fait suite à un aussi léger refroidissement pendant la période 1940-1975, est suivi à nouveau depuis 1998 par un nouveau refroidissement. Le coupable de ces variations est le soleil.

La mascarade à laquelle nous assistons n'avait pour but que de voler les pays développés en faveur des pays en voie de développement. C'est ce qui se produira. Tout est rentré dans l'ordre voulu par une majorité de gouvernements.
a écrit le 12/12/2010 à 13:10 :
C'est pas si mal (et mieux que rien). Mais le problème reste évidemment entier tant que les USA et la Chine ne prennent pas d'engagements sérieux en matière d'émissions.

PS: Votre reportage n'est pas tout à fait complet. C'est la Colombie qui a souligné qu'un seul pays (sur près de 200) ne peut à lui seul remettre en cause un consensus...
a écrit le 12/12/2010 à 11:10 :
c'est encore la montagne qui accouche d'une souris. On sauve les apparences histoire de dire qu'on ne s'est pas réuni pour rien, mais en fin de compte c'est un énorme pataquès pour des résultats infimes. Les intérêts économiques dans un monde capitaliste ne peuvent faire bon ménage avec ces doux rêveurs d'écolos

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