La SNCF fait le pari d'une société de livraisons vertes

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La SNCF se lance dans le transport de marchandises écologiques en créant Distripolis. Elle sera dotée de petits camions et tricycles électriques.

Le créneau était à prendre. Et c'est la SNCF qui s'en est emparée. Plus exactement Geodis, la filiale logistique du transporteur ferroviaire qui vient de créer Distripolis, une société de livraisons vertes. « Les entreprises publiques doivent être à la pointe de l'innovation », a insisté hier, lundi, lors de la présentation de la nouvelle société, la ministre du Développement durable, Nathalie Kosciusko-Morizet.

Présentée comme « un nouveau mode d'organisation du transport urbain de marchandises », Distripolis est en réalité un livreur comme les autres. À la différence notoire cependant que sa flotte est composée d'une gamme de véhicules électriques et que sa chaine de distribution fait appel à un maillage de huit bases logistiques réparties dans Paris, sa première ville d'implantation. Un « exploit » dans une ville ou les mètres carrés sont rares et chers mais rendu possible grâce au patrimoine foncier de la SNCF. Dans un premier temps, son parc de véhicules comprendra une vingtaine de petits camions électriques (20 m3 de capacité) ayant une autonomie de 150 km et dont le nombre s'élèvera à 75 à l'horizon 2015. Pour les petites livraisons, Distripolis utilisera dès cette année huit tricycles à assistance électrique, puis 56 d'ici à quatre ans.

365 tonnes de Co2 en moins

Outre son maillage serré de la ville, la société s'est dotée d'un système informatique lui permettant d'optimiser au maximum ses tournées. « Aujourd'hui, 25 % des trajets effectués par les livreurs le sont à vide », à déploré le PDG de Geodis, Pierre Blayau.

La société Distripolis s'affiche plus verte que verte. C'est « une chaine logistique écologique », a insisté le président de la SNCF, Guillaume Pepy. « Le transport de marchandises représente 20 % de la circulation parisienne », a-t-il précisé, tout en indiquant que ce projet « pionnier » avait pour objectif « de réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2), de diminuer le bruit en ville, de réduire le trafic des camions tout en tenant compte de la qualité de travail des salariés de l'entreprise ».

Selon les chiffres affichés par Distripolis, son impact environnemental sur la ville de Paris « se traduira, dès 2011, par une réduction de 365 tonnes de CO2, soit une réduction de 18 % par rapport à l'activité actuelle de Geodis ». À terme, c'est-à-dire en 2015, « l'impact environnemental sera nettement supérieur avec une réduction annuelle de 1.747 tonnes équivalent CO2, soit 85 % par rapport à la situation actuelle ».

Prix concurrentiels

Distripolis se lance dans un premier temps dans l'agglomération parisienne mais ne compte par en rester là. Dans les cinq années à venir, son ambition est de se développer dans les principales villes françaises. Car, s'est félicité Guillaume Pepy, son modèle économique est certes écologiquement correct mais surtout, grâce « à l'optimisation des parcours à vide, l'optimisation des charges..., ses prix ne sont pas plus élevés que ceux de ses concurents ».

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Commentaires
a écrit le 09/07/2011 à 17:26 :
Sauf lors des greves.
C'est à dire qu' on ne peut compter dessus que si on n'en a pas besoin.
a écrit le 29/06/2011 à 8:38 :
De la poudre aux yeux, de la com, de la com. le transport du fret par train s'est effondré en Ile-de-France. de plus en plus de camions envahissent nos villes en raison de la carence de l'exploitant historique. la SNCF et RFF laissent en jachère la Petite ceinture qui pourraient amener les trains de fret aux portes de la ville. le président de la SNCF continue de s'amuser avec ses joujoux hight tech pendant que le train perd ses marchés face à la route.
a écrit le 28/06/2011 à 14:57 :
Comment faire du neuf avec du vieux...
En 1974, un projet prévoyait des plateforme de réception mutimodes (routes, train, ...) proche des grandes villes, d?où partirait des petits vehicules livrant globalement chaque commerçant (au lieu que 20 semi-remorques livrent chacune un carton).
Ca ne s'est pas fait.
Vous savez pourquoi ?
Gerer un stock exige de connaitre exactitude les quantités entrantes et sortantes, ce qui plaisait beaucoup au fisc, mais beaucoup moins aux commerçants...
Allez savoir pourquoi.

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