Qu'est-ce qu'un produit vert ?

Le flou sur la définition de ce qui est vert et ce qui ne l'est pas, qu'il s'agisse de produits, de démarches ou d'emplois, affecte même les relations commerciales internationales. La question agite les négociations entre les ministres du commerce de la zone Asie-pacifique.

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Un vélo ou du miel sont-ils des produits verts ? Telle est la question à laquelle sont confrontés les ministres du Commerce des pays membres du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec), réunis cette semaine à Vladivostok (Russie). Conformément aux engagements qu'ils avaient pris lors de leur précédente réunion l'année dernière à Honolulu, ils travaillent à l'élaboration d'une liste de produits respectueux de l'environnement qui pourront bénéficier de droits de douane réduits, de 5 % au maximum.

Quel périmètre prendre en compte pour définir un produit vert

Des désaccords se sont révélés notamment entre les Etats-Unis et la Chine, les premiers réclamant une liste "crédible" de produits, et les seconds proposant, donc, des produits tels que le vélo ou le miel. Le cas du vélo est intéressant, car il reflète bien les difficultés à définir ce qu'est un produit vert. Faut-il ne prendre en compte que le vélo et ses usages, ou remonter en amont aux matériaux qui ont servi à le fabriquer, et à la façon dont ils ont eux-mêmes été produits ? Faut-il appliquer une analyse du cycle de vie (ACV) à chaque produit avant de décider s'il mérite de figurer sur la liste des produits "verts" ? Cette démarche, qui permet d'étudier l'impact d'un produit sur l'environnement, depuis l'extraction des matières premières jusqu'à la fin de fin en passant par la fabrication, le transport et la phase d'utilisation, peut être longue et onéreuse.

Plus de 870 milliards de chiffre d'affaires

Certes, il s'agit surtout, ici, de rivalité commerciale et d'une tentative de la Chine pour obtenir des avantages sur un produit dont elle est le premier producteur mondial. Mais au-delà de ce cas particulier, c'est la question de la généralisation à moindre coût de produits respectueux de l'environnement qui est posée. Et le marché potentiel est significatif : les échanges de 164 produits environnementaux d'une liste établie par l'Union européenne avec d'autres pays développés, et soumise à l'organisation mondiale du commerce (OMC) ont représenté un chiffre d'affaires de 871,5 milliards de dollars en 2010, et connaissent une progression annuelle de près de 13 %. On le voit, il est délicat de trouver le bon positionnement entre un laxisme excessif ouvrant la porte à un greenwashing éhonté et une définition trop pointilleuse entravant le développement de produits favorables à une économie plus durable.

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