Eolien : la filière gagne quelques batailles, mais la guerre s'annonce rude

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Dans la nuit de jeudi à vendredi, les députés ont adopté plusieurs mesures demandées par les professionnels français de l'éolien, et destinées à desserrer le carcan administratif accusé de ralentir le montage des projets. Mais que ce vote à deux heures du matin ait suscité la même colère chez les députés centristes, UMP et Front de Gauche qui ont quitté l'Hémicycle montre à quel point le sujet reste polémique.

La poignée de députés présents au c?ur de la nuit pour examiner la proposition de loi de François Brottes sur la tarification progressive de l'énergie s'est prononcée sur diverses mesures demandées de longue date par les professionnels de l'éolien. La suppression des zones de développement éolien (ZDE), accusées de faire double emploi avec les schémas régionaux air, énergie, climat actuellement en cours d'élaboration, et même d'être susceptibles de les contredire, avait été évoquée lors de la Conférence environnementale.

Autre point adopté, dont les professionnels, notamment dans les régions comme la Bretagne, attendent un élargissement de leur marché, la disparition de l'obligation dite «des cinq mâts», née du Grenelle II, qui fixait une taille minimale aux fermes éoliennes.
Dans les DOM-TOM où le Grenelle II venait en contradiction avec la «loi littoral», les contraintes seront également allégées. Un tarif de rachat plus intéressant avait déjà été annoncé lors de la Conférence environnementale.

La profession demande des mesures supplémentaires

Par la voix de France Energie Eolienne, la profession se réjouit de ces avancées qui, d'après un acteur important «ne permettront pas de faire redémarrer la filière», mais «de moins l'étouffer».
La filière emploie aujourd'hui quelque 11.000 personnes, et si les objectifs du Grenelle étaient atteints en 2020, elle pourrait créer pas moins de 60.000 emplois.

Mais pour espérer atteindre ces objectifs (25.000 mégawatts d'éolien dont 19.000 à terre), les professionnels demandent aux sénateurs, non seulement de suivre les députés, mais aussi d'adopter des mesures supplémentaires. Ils pointent notamment la nécessité de modifier les dispositions de raccordement au réseau, de faire passer le régime ICPE (Installation classée pour l'environnement) de l'autorisation à la déclaration et d'étendre à la métropole l'aménagement de la loi Littoral adoptée pour les DOM-TOM. Autant d'aménagements visant à réduire la durée de montage d'un projet éolien, actuellement nettement plus longue en France que dans la plupart des pays européens.

Reste également en suspens la question de l'arrêté tarifaire, qui pourrait être annulé par Bruxelles pour absence de notification, et que les professionnels voudraient voir remplacé par un nouvel arrêté, qui serait celui-ci dûment notifié à la Commission européenne.

"Transformer la France en un immense ventilateur"

Mais au-delà du fond, et d'avancées positives saluées par la profession, le contexte dans lequel s'est déroulé ce vote (à deux heures du matin et après le départ de députés centristes, UMP et du Front de Gauche ulcérés par cette «volonté de transformer la France en un immense ventilateur», et les réactions qu'il a suscitées démontrent s'il en était besoin à quel point le sujet reste polémique en France. Une fois desserrées les contraintes administratives, encore faudra-t-il convaincre les élus locaux et les riverains... Peut-être, comme tente de le faire EDF énergies nouvelles, en démontrant concrètement la capacité de la filière à créer des emplois.

 

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a écrit le 19/10/2012 à 23:44 :
La filière éolienne française est presque à l'équilibre contrairement à ce qu'indique la Fed : 950 millions à l'export et 1050 millions à l'import. Malgré 10 ans de stop and go et un nombre incalculable de projets industriels abandonnés grace à la Fed. Sans eux la France pourrait être largement exportatrice (beaucoup d'emplois et rentrées financières perdus) et n'aurait pas lâché les différents constructeurs/brevets et industriels du secteur.
a écrit le 13/10/2012 à 9:03 :
trés trés rude !!!! l'éolien industriel est trés dénaturant en contre parti du plus mauvais rendement kwh produit / espace utilisé et ceci de façon irrégulier et en sus avec des prix artificiels . c'est pas tenable et dans tous les cas le retour de bâton sera terrible
Réponse de le 19/10/2012 à 23:50 :
Le facteur de charge éolien varie de 18% au plus bas à plus de 45% en offshore. Avec un mix on peut avoir du 35% en moyenne. Le rendement d'une centrale nucléaire sur l'ensemble de la chaîne est moindre, avec en plus de plus fortes pertes réseau HT et une disponibilité qui était récemment de 67% et qui risque d'être moindre avec le vieillissement des centrales (je ne parle pas du démantèlement problématique et très coûteux, des déchets ultra longues durées ni des risques de plus en plus élevés avec l'âge des centrales). L'éolien a donc une part à jouer et ne doit pas être exclu du mix énergétique comme ces extrêmistes de la Fed le demandent.
a écrit le 09/10/2012 à 21:35 :
Si la France commence à s'engager dans le renouvelable au lieu d'investire dans le nucléaire, elle est fichue, aussi bien économiquement qu'énergétiquement. Au nom de quoi devrions-nous quitter cette énergie qu'est le nucléaire qui nous rend service si généreusement depuis des décennies et qui permet à la France d'avoir une place de première dans cette industrie au niveau mondial?
Réponse de le 19/10/2012 à 23:54 :
Avec le prix des drones en baisse et quelques bombes on peut mettre la France à genou en un rien de temps avec ses 58 réacteurs. Il n'y a que la Fed pour être bornée sur encore plus de nucléaire et sans regarder les statistiques qui ne mettent pas la France à l'écart d'un accident nucléaire avec ses centrales âgées. 1 accident nucléaire majeur dans le monde tous les 21 ans en moyenne, pourquoi pas nous. Coût selon les intervenants du nucléaire : 600 à 1000 milliards d'euros pour 1 seule unité.
a écrit le 09/10/2012 à 13:33 :
Etrange, on ne reproche pas au nucleaire le 10e de ce qu'on reproche a l'eolien, et a toutes les autres EnR d'ailleurs. Or c'est l'un OU l'autre : entre une energie propre, au cout stable mais qui necessite d'etre repandue et une energie dangereuse, polluante et centralisee, mon choix est fait.
a écrit le 06/10/2012 à 9:09 :
Les promoteurs se font botter les fesses dans les campagnes,.... le gouvernement vient leur offrir des avantages inespérés.
Comment appelle-t- on un régime qui passe en force à 2h du mat, devant un hémicycle vide, au détriment des droits descitoyens ?
a écrit le 05/10/2012 à 23:43 :
C'est surprenant cette polémique contre l'éolien alors que comme le fait remarquer Drrw ci-dessous on ne s'inquiète pas du nombre de rond-points, parkings, véhicules et infrastructures pour véhicules polluants et nocifs en circulation, publicités, constructions sauvages, 1 tonne de déchets par km de route chaque année, etc Il est important d'avoir une part d'éolien raisonnable et de compléter le réseau européen.
a écrit le 05/10/2012 à 17:25 :
le pb dans cette histoire ce n'est pas l'eolien mais sa mise en oeuvre au profit d'une poignee. La stategie est peut etre la bonne? Simplement le temps des bonnes idees realisees au detriment de la collectivite est derriere nous. En csq, si une democratisation large de l'eolien n'est pas souhaitable il faut trouver d'autres moyens d'arriver au meme resultat et l'emploi peut etre une idee. Ce qui est certains c'est qu'entre une eolienne, un poteau electique, un rond point ou un chateau voire une station service bien malin et celui qui dira lequel a le plus d'impact sur l'environnement au propre comme au figure.

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