OPINION. « Autoroute A69 : la République face à ses responsabilités »
Philippe Folliot et Marie-Lise Housseau

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L'histoire d'un territoire, c'est l'histoire de ses engagements. Une route, une école, un hôpital, une autoroute : ce sont des promesses faites à ceux qui vivent et travaillent ici, des serments d'avenir que la puissance publique se doit d'honorer. Lorsque ces engagements sont rompus, lorsque la parole donnée vacille sous la pression de l'agitation et de l'instant, alors c'est la République elle-même qui vacille.
L'arrêt du chantier de l'A69 entre Castres et Toulouse est une blessure. Une blessure ouverte sur 53 kilomètres, le long desquels s'étendent aujourd'hui des terres éventrées et un projet suspendu. Une blessure pour les plus de 1 000 travailleurs brutalement renvoyés chez eux, pour les entreprises locales qui avaient mis leur savoir-faire au service de cet ouvrage, pour les élus, les habitants, qui avaient soutenu cette infrastructure avec la légitimité de la démocratie. Une blessure, enfin, pour notre État de droit, défié par des méthodes d'opposition qui ont franchi les limites de la légalité, de la dignité et du respect d'autrui.
Nous avons vu, ces derniers mois, la force d'un vacarme qui croit que c'est en couvrant toutes les voix qu'il finira par être la seule à exister. Nous avons vu des terrains occupés illégalement, des zones de non-droit instaurées, des salariés menacés et violentés pour avoir simplement fait leur travail. Nous avons vu des élus intimidés, ciblés, insultés. Ce n'est pas cela, la République. Ce n'est pas cela, le progrès.
Le vrai courage, ce n'est pas d'imposer par la force. Le vrai courage, c'est d'assumer des décisions, de tenir une parole, de respecter le droit et les engagements pris. Ce n'est pas celui qui crie le plus fort qui a raison, c'est celui qui construit avec constance, avec rigueur, avec responsabilité.
Nous avons pris acte de la décision du tribunal. Nous ne l'avons pas contestée, nous ne l'avons pas bafouée par des coups de force. Nous avons simplement soutenu la décision de l'État de faire appel, comme le permet la loi, comme le permet la République. Car cette autoroute n'est pas un caprice, ce n'est pas un passe-droit, c'est l'attente depuis plus de trente ans d'un territoire qui se meurt de son enclavement, c'est une réalisation d'intérêt public majeur. Elle est une nécessité pour la mobilité, pour la sécurité, pour le développement économique de notre territoire. L'arrêter aujourd'hui, c'est envoyer un signal d'incertitude à tous ceux qui, demain, voudraient investir dans les infrastructures de notre pays.
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Alors, nous le disons clairement : nous ne nous résignons pas. Mieux encore, nous agissons. Avec les parlementaires du territoire, nous avons pris nos responsabilités en déposant une proposition de loi de validation de ce projet. Ce chantier doit nous servir d'exemple : plus jamais un projet structurant ne doit être suspendu dans de telles conditions, après des années de concertation, après des décisions actées, après des investissements engagés.
L'écologie est une exigence, mais elle ne doit jamais devenir une punition. Elle doit guider nos choix, non les paralyser. Elle doit être un levier pour l'avenir, non une entrave systématique à tout progrès. Nous voulons un développement équilibré, un aménagement du territoire qui respecte l'environnement, mais qui respecte aussi les besoins des femmes et des hommes qui y vivent.
Nous ne demandons pas de faveur. Nous demandons de la clarté, de la stabilité, du respect pour la parole donnée et pour l'intérêt général. Nous demandons que la République tienne bon face aux vents contraires, qu'elle ne plie pas devant l'agitation, qu'elle soit forte de ses lois et de sa constance. Car c'est ainsi que l'on construit un pays. Ce n'est pas dans le fracas du refus permanent, mais dans la détermination patiente de ceux qui, jour après jour, font avancer la France.
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(*) Signataires :
Listes des cosignataires :
Philippe Folliot et Marie-Lise Housseau