OPINION. « Santé en entreprise : arrêtons les discours, passons aux actes ! »
Cécile Annequin

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Cécile Annequin

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Les récentes annonces du 1er avril 2025 viennent rappeler l'urgence d'agir. Le plafond des indemnités journalières d'assurance maladie a été abaissé, passant de 1,8 fois le SMIC à 1,4 fois le SMIC. Cette réforme vise à économiser 400 millions d'euros pour l'État, mais elle transfère une partie du fardeau financier sur les organisations.
Chaque année, l'absentéisme coûte 27 milliards d'euros aux entreprises françaises (source : Malakoff Humanis, 2023). Pourtant, la prévention santé reste souvent reléguée au second plan, perçue comme un bonus plutôt qu'une nécessité stratégique. Pourquoi ce grand écart entre prise de conscience et action réelle ?
Il est temps de changer de paradigme : la santé des collaborateurs ne doit plus être un sujet de communication, mais une des stratégies d'entreprise. Et elle doit être pensée de manière globale : de la nutrition au sommeil, en passant par les interactions sociales et la génétique, la prévention santé doit prendre en compte tous les aspects du quotidien de l'individu.
Les entreprises ne peuvent plus se contenter d'initiatives ponctuelles : la prévention doit être intégrée de manière durable pour répondre à l'ensemble des risques pesant sur la santé des collaborateurs. Troubles musculo-squelettiques (TMS), maladies chroniques, stress, fatigue mentale et risques psychosociaux (RPS) sont autant de facteurs devenus des fléaux silencieux, impactant directement la performance et l'engagement des équipes.
D'après le baromètre Teale publié en mars 2024, les troubles liés à la santé mentale sont aujourd'hui la première cause d'absentéisme en entreprise. Ils représentent une part croissante des arrêts maladie, avec un coût économique estimé à 3 800 € par an et par collaborateur, incluant absentéisme, turnover et baisse de productivité. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) ne sont pas en reste : ils constituent 88 % des maladies professionnelles reconnues, avec plus de 41 000 cas déclarés en 2023, impactant particulièrement les métiers physiques et sédentaires.
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Malgré cela, la prévention reste un angle mort dans de nombreuses organisations. Trop souvent cantonnée à des campagnes de sensibilisation ponctuelles, elle ne s'intègre pas dans une vraie démarche structurelle. Or, investir dans la santé des collaborateurs aujourd'hui, c'est anticiper les défis de demain.
1 - Réaliser un diagnostic réel de la santé des collaborateurs - Plutôt que de se fier à des indicateurs généraux, il est essentiel d'objectiver la situation à travers des enquêtes internes et des outils de mesure fiables. Comprendre les facteurs de risques spécifiques à chaque secteur d'activité et identifier les besoins réels des collaborateurs est une première étape essentielle.
2 - Une prévention personnalisée et pérenne - Chaque collaborateur est unique, et une approche uniforme et collective ne suffit pas. Les entreprises doivent adopter des stratégies adaptées aux différents types de risques :
● Prévention des TMS : ergonomie des postes de travail, séances d'échauffement et d'étirements, identification des facteurs de risques de blessures et douleurs avec protocole de prévention personnalisé.
● Prévention des maladies chroniques : bilans de santé réguliers, campagne de sensibilisation.
● Bien-être mental et émotionnel : accompagnement à la gestion du stress et des émotions, avec des clés concrètes à appliquer pour adapter son environnement à sa santé mentale.
Des applications santé à base d'intelligence artificielle et basée sur des recherches scientifiques permettent aujourd'hui d'analyser les habitudes de vie et d'adapter les recommandations en fonction des risques individuels. C'est en intégrant ces outils que les entreprises peuvent proposer une prévention efficace et engageante. Les entreprises ayant investi dans ces solutions constatent une hausse de leur productivité allant jusqu'à +20 % et une réduction du turnover par deux (Ness pay-Janvier 2025)
3 - Un engagement sincère des dirigeants - Le Baromètre Harvard Business Review 2024 démontre que les entreprises ayant une politique active de bien-être au travail enregistrent : +31 % de productivité et -23 % d'absentéisme. Un engagement sincère des dirigeants transforme la prévention santé en un atout stratégique.
La santé des collaborateurs ne doit pas être un projet RH isolé, mais une priorité portée par la direction. Il est indispensable que les décideurs incarnent cette dynamique, en mettant en place des actions concrètes : flexibilité des horaires, aménagements ergonomiques, programmes d'accompagnement psychologique, formations à la prévention des risques, etc.
La prévention santé a trop longtemps été considérée comme un luxe dédié aux postes à responsabilité des organisations. Aujourd'hui, elle est une nécessité stratégique. Chaque entreprise a une responsabilité : celle de ne plus subir les effets d'une santé fragilisée, mais d'agir en amont pour préserver son capital humain en démocratisant l'accès à la prévention santé à l'ensemble de ses collaborateurs.
Le moment d'agir, c'est maintenant.
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(*) Véritable experte du développement des organisations de santé, Cécile Annequin débute sa carrière dans les ressources humaines notamment au sein du CHRU de Lille en 2009, avant de devenir Coordinatrice Administrative du réseau de santé MEOTIS et du GCS G4 (CHU de Lille, Amiens, Caen et Rouen). En 2015, elle intègre le Groupe Point Vision, 1er réseau français de centres ophtalmologiques, où elle passe de Responsable des Opérations à Responsable des Projets Stratégiques.
En 2023, elle crée Vipali avec 7 associés, et en devient la Directrice Générale. Un projet avec une ambition : démocratiser la prévention santé globale auprès de tous les publics.
Cécile Annequin