OPINION. « Redonner aux jeunes le pouvoir d’agir : quand entreprendre remet en mouvement »

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En France, près de 1,5 million de jeunes étaient en situation de NEET (Ni en Emploi, ni en Éducation, ni en Formation) en 2024 et 2025 selon l’INSEE. Derrière cet acronyme, il y a des réalités multiples : décrochage scolaire, ruptures familiales, fragilités psychiques, isolement social, difficultés de mobilité ou de logement. Autant de freins qui s’additionnent et finissent par éloigner durablement ces jeunes de toute possibilité d’insertion professionnelle. Le collectif Entr&prends ton Avenir que nous incarnons, composé de 13 associations d’intérêt général, de fondations mécènes et d’experts de l’innovation sociale, défend la nécessité de donner aux jeunes les moyens d’entreprendre leur avenir. Nous appelons les pouvoirs publics à reconnaître la démarche entrepreneuriale comme levier de d’insertion professionnelle et formulons 11 recommandations pour donner aux jeunes la possibilité de renouer avec l’envie d’agir, et de trouver leur place dans la société.
L’entrepreneuriat, compris comme une posture et une capacité à agir, transforme durablement les trajectoires individuelles et c’est d’autant plus vrai pour les jeunes. Entreprendre, pour eux, signifie non pas déposer un statut juridique ou bâtir un business plan. C’est oser une idée, coopérer avec d’autres, tester, se tromper, apprendre et, surtout, redevenir acteur de son parcours. C’est en ce sens que la démarche entrepreneuriale répond précisément aux fragilités des jeunes en rupture de parcours.
Les raisons en sont simples : l’entrepreneuriat, entendu comme un parcours, valorise l’apprentissage par l’action plutôt que la sanction de l’échec. Il reconnaît les compétences transversales informelles, souvent invisibles dans les parcours scolaires et permet d’expérimenter dans un cadre sécurisant, accompagné, collectif. Cette démarche redonne du sens, là où beaucoup de jeunes ont perdu toute perspective.
Les acteurs de l’accompagnement entrepreneurial en sont bien conscients, ils ont fait évoluer leur posture et leurs dispositifs en conséquence : on ne fait pas “pour” les jeunes, on fait “avec” eux. Ils sont associés aux décisions, aux contenus de leur accompagnement. Ils deviennent acteurs de leur engagement.
Enfin, cette démarche fonctionne parce qu’elle s’ancre dans les territoires. Les associations de l’accompagnement entrepreneurial agissent au plus près des réalités locales, en lien avec les Missions Locales, les collectivités, les entreprises, les organismes de formation, les acteurs associatifs. C’est cette coopération qui contribue à lever, progressivement, les freins périphériques (accès au logement, difficultés financières, mobilité…) qui empêchent tant de jeunes de se projeter, d’agir et de s’engager.
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Malgré les résultats probants des actions menées à l’échelle locale, force est de constater que les politiques publiques actuellement n’incluent pas suffisamment la démarche entrepreneuriale comme levier d’émancipation, de remobilisation personnelle et d’insertion professionnelle. Les dispositifs existent, mais ils manquent parfois de lisibilité, de continuité et de reconnaissance. Les associations qui agissent sur le terrain font face à des financements fragilisés, et à un manque de prise en compte de leurs actions alors même qu’elles démontrent leur efficacité. Les jeunes, quant à eux, se heurtent encore trop fréquemment à des statuts précaires, à des ruptures de droits ou à des parcours plus laborieux.
Pour toutes ces raisons, dans l’espoir de lever les freins au déploiement du levier entrepreneurial, nous appelons les décideurs publics et privés à se saisir de 11 recommandations concrètes permettant de faire de l’entrepreneuriat un outil d’insertion à part entière, notamment :
Face aux défis sociaux, économiques et démocratiques que traverse notre pays, nous avons besoin de jeunes engagés, confiants, capables d’initiative. Il est temps de faire de la démarche entrepreneuriale un pilier à part entière des politiques de jeunesse. Car entreprendre, pour ces jeunes, c’est d’abord reprendre la main sur leur avenir.
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(*) Les signataires
Les membres du collectif Entr&prends ton avenir
Thibault de Saint Simon, Directeur général, Fondation Entreprendre,Cécile Jouenne-Lanne, Déléguée Générale, Fondation Groupe LBP AM, Albane Rouvillois, Directrice Mécénat & Sponsoring Société Générale et Déléguée générale de la Fondation Société Générale.Bérangère Messissi, Responsable du pôle Solidarité, Inclusion & Éducation, Fonds AXA pour le Progrès Humain, Michel Kukula-Descelers, Secrétaire général, Fonds Gérard et Bernadette Mulliez, Luc Cazenave, Président, Association KunactJules Milleret, Directeur, Azimuto Riccardo Scacchetti, Directeur général, Impact TrackSoizic et Olivier Lenoir, co-fondateurs, Osons Ici et Maintenant, Antoine Ferchaud, Responsable de l’Ouvre-Boîte Compiègne, Apprentis d’AuteuilIsabelle Dupraz, Coordinatrice nationale L’Ouvre-Boîte, Apprentis d’AuteuilThierry Véclin, coordinateur national, Réseau Piments, Marc Flammang, Founder & Managing Director, Telos ImpactFrédéric Bérard, Venture Philanthropy Senior Manager, Telos Impact
13 acteurs de l’écosystème associatif de la jeunesse
Aurélie Ruiz, Présidente, 21 l’Accélérateur d’innovation sociale de la Croix-Rouge françaiseValentine de Dreuille, Directrice, Accélérateur Groupe Staff MeSarah Barreau, Directrice générale, Enactus Léo Lambouley, Directeur national, Entreprendre Pour ApprendreFrançois-Xavier Huard, Co-fondateur et directeur, EvocaeCécile Campy-Bianco, Déléguée générale, Réseau Groupement des créateursAnrtoine Dulin, Président, Réseau Groupement des créateursMarc-André Mercier, Président, Les Entrep’ Laetitia de Borde, Co-fondatrice et directrice, Lit UpAnaïs Radelli, Directrice générale, Live for Good Nicolas Garnier, Directeur général, Mission Locale de ParisHakim Elhadouchi, Co-Directeur, TessLabJoséphine Bouchez, Co-fondatrice et directrice, Ticket for Change