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Infrastructures - La Tribune Bordeaux

La LGV Bordeaux - Toulouse retenue mais phasée, Bordeaux - Dax semi-enterrée

Photo de Mikaël Lozano

Mikaël Lozano

Publié le 01 février 2018 à 10:16 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:23

LGV Bordeaux Paris inaugurée

LGV Bordeaux Paris inaugurée

Agence Appa

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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En inscrivant la ligne à grande vitesse Bordeaux - Toulouse au rang des infrastructures prioritaires mais en repoussant à un horizon indéterminé l'axe Bordeaux - Dax, le rapport Duron, qui servira de base à la future loi de programmation Mobilités, fait voler en éclats le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO).

Le Conseil d'orientation des infrastructures, présidé par l'ancien député socialiste Philippe Duron, a analysé les grands projets envisagés dans les 20 prochaines années et doit servir de base à la prochaine loi de programmation Mobilités (qui sanctuarisera les priorités sur 5 ans, en attendant le prochain quinquennat) en définissant une stratégie et une programmation "soutenable". Benoit Simian, député LREM de Gironde, y a participé.


Le document final a été remis ce jeudi matin 1er février à la ministre des Transports Elisabeth Borne.

Que dit ce rapport sur le projet GPSO ? Historiquement, le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest a été pensé comme un ensemble indivisible de deux nouvelles lignes reliant d'une part Bordeaux à Toulouse et de l'autre part Bordeaux à l'Espagne, rabotée ensuite jusqu'à Dax. Au fur et à mesure des années, et alors que l'absence de plan de financement se faisait jour, l'hypothèse d'un GPSO réalisé en deux temps a pris du poids. C'est cette solution que préconise le rapport Duron, bien que les membres de la commission n'aient visiblement pas tous été d'accord.

"A l'instar de la Commission Mobilité 21, des divergences d'appréciation au sein du Conseil se sont exprimées quant au calendrier de réalisation de ces différents chantiers qui interagissent les uns avec les autres et participent tous de la réalisation du GPSO", évoque le Conseil en faisant référence aux nœuds ferroviaires de Toulouse et Bordeaux, aux travaux à réaliser sur la ligne "classique" et aux deux nouvelles lignes.

"Même si dans le cadre des discussions certains membres ont pu s'interroger sur la possibilité de mettre en œuvre d'autres solutions que des lignes nouvelles à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse qui permettraient d'apporter une réponse aussi satisfaisante et peut-être moins coûteuse pour la collectivité, le Conseil dans son ensemble ne conteste pas l'intérêt d'une liaison à grande vitesse entre la ville capitale et la 4e métropole nationale et en soutient la réalisation la plus rapide possible. Il exprime en revanche en la matière une position beaucoup plus nuancée pour la ligne nouvelle Bordeaux - Dax", indique le rapport.

Bordeaux - Toulouse sur les rails, mais phasée

Le Conseil pointe "qu'au regard des contraintes financières auxquelles l'Etat est confronté" :

- le traitement des nœuds ferroviaires de Bordeaux et de Toulouse et les travaux sur la ligne classique au Sud de Bordeaux et au Nord de Toulouse sont "un préalable indispensable à l'accueil des TGV de la future ligne nouvelle" et une priorité pour éviter la saturation du réseau ferroviaire qui touche ces deux secteurs. "Une adaptation des gares et avant-gares" est préconisée pour fluidifier le trafic, notamment à Toulouse Matabiau. Cette phase, jugée comme "la première des priorités", inclut également les éventuels travaux "nécessaires à un cadencement renforcé, tous les quarts d'heure en heures de pointe", entre Bordeaux et Toulouse.

- la ligne nouvelle à grande vitesse Bordeaux - Toulouse devra être réalisée en plusieurs phases. Phasage qui devra "permettre de commencer par les sections les plus utiles à la désaturation de la ligne existante". Il reste encore à passer quelques écueils judiciaires... et à trouver des solutions de financement. Les travaux pourraient s'étaler de 2018 à 2027 dans le scénario le plus optimiste.

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- Bordeaux - Dax est repoussée aux calendes grecques. Ou plus précisément, "doit être réinterrogée à plus longue échéance", dit le rapport :

"Il semble en effet au Conseil que moyennant des travaux de relèvement de vitesse sur la ligne classique, il est possible d'obtenir quasiment les mêmes bénéfices qu'une ligne nouvelle à un coût bien moindre. Dans les faits, l'infrastructure nouvelle ici ne serait justifiable que par la saturation de la ligne existante, notamment pour répondre aux besoins du fret, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui et ne semble pas envisageable avant un horizon lointain."

Selon les préconisations du rapport, une ligne nouvelle Bordeaux - Dax pourrait être aménagée... à partir de 2038 ! Autant dire que le sujet devrait faire grincer des dents en Espagne, et que les appétits des opérateurs ferroviaires européens qui envisageaient une liaison à grande vitesse Madrid - Paris - reste de l'Europe devraient s'émousser. Le rapport rejoint ainsi les propositions d'aménagement et de modernisation des voies avancées par les écologistes ces derniers mois.

Le calendrier précis pour les nœuds ferroviaires et le phasage Toulouse - Agen puis Agen - Bordeaux est maintenant entre les mains de la ministre des Transports et du gouvernement, qui vont pouvoir arbitrer entre les différents scénarios élaborés. Le °2, privilégié par le rapport, propose de décaler la mise en service de la LGV Bordeaux-Toulouse (prévue pour 2024) et de réaliser la ligne nouvelle Toulouse-Agen sur la période 2028-2032 et la ligne nouvelle Bordeaux-Agen sur 2033-2037.

Les réactions

Alain Rousset, président PS de la région Nouvelle-Aquitaine : "La ligne Bordeaux-Dax n'est pas formellement enterrée mais ce renvoi à l'horizon 2038 est inacceptable et indécent. Je n'ai même pas été reçu par la commission alors que nous sommes le 1er financeur de la ligne Tours-Bordeaux. C'est une très mauvaise nouvelle pour les habitants de la région qui continueront à voir défiler les poids-lourds et le trafic routier vers l'Espagne. Pour la ligne Bordeaux-Toulouse, c'est plutôt positif même si le GPSO doit être pris comme un tout cohérent et donc inclure Bordeaux-Dax."

Jean-François Clédel, président de la CCI Nouvelle-Aquitaine : "C'est une déception pour tous les acteurs économiques de notre territoire mais il faut aussi être réaliste quant au coût de ces infrastructures dans un contexte budgétaire contraint."

Pour le groupe des élus écologistes au Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, "les orientations d'aménagement ferroviaires sont clairement données aux transports du quotidien. Le rapport du COI rejoint ainsi les propositions avancées par les écologistes de longue date. (...) Les élu·e·s écologistes sont donc plus que jamais convaincus que le GPSO ne se fera pas. Les financements de nouvelles lignes à grande vitesse ne seront pas au rendez-vous. L'abandon de tout financement régional de ce projet reste d'ailleurs la base de leur accord de mandature avec Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine."

Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole : "Le point positif est que le projet n'est pas enterré. Nous sommes prêts à le décaler à condition d'avoir un financement sûr. Il y a deux bémols : le phasage de la ligne Bordeaux-Agen est trop lointain. Par ailleurs, les propositions de financement alternatif que nous avions remis à la ministre des Transports n'ont pas toutes été retenues".

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Carole Delga, présidente de la Région Occitanie Pyrénées Méditerranée, sur Twitter : "Notre mobilisation pour la grande vitesse en Occitanie depuis plusieurs mois, tous bords politiques confondus, du monde économique à la société civile, a porté ses premiers fruits. Les projets de LGV ne sont pas rayés d'un trait de plume dans le rapport du Comité d'orientation des infrastructures."

Mikaël Lozano

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