Quand les régions reprennent la gestion des trains, c'est le monopole de la SNCF qui s'éloigne un peu plus. Alors que la réglementation européenne impose l'ouverture à la concurrence sur les lignes régionales, la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie mettent carrément le paquet. Un an après avoir créé une société publique locale (SPL) pour racheter les rames TER à la SNCF, elles annoncent une levée de dette pour un montant colossal de 1,130 milliard d'euros.
Un emprunt global contracté à parts égales entre les deux collectivités auprès de la Banque européenne d'investissement (dont le prêt de 400 millions d'euros a été annoncé fin juin), la Banque des territoires, Crédit agricole Corporate & Investment Banking, Nord LB, Crédit Industriel et Commercial et La Banque Postale. Les remboursements courent sur du long terme : 16, 28 et jusqu'à 42 ans. De quoi sceller la reprise en main des régions sur le parc de la SNCF.
« On va être la première SPL à lancer un marché public en vue de l'acquisition de nouvelles rames. Habituellement on achetait dans le cadre d'accord historiques entre la SNCF et Alstom », avance Renaud Lagrave, vice-président de la Région Nouvelle-Aquitaine en charge des transports. Les appels d'offre pour l'achat de 20 à 30 rames côté Nouvelle-Aquitaine seront lancés dès l'automne. La société publique compte bien recevoir les candidatures de constructeurs européens comme CAF, Siemens ou Stadler. « Ce sera une première, ces trains qui circulent en Europe ne circulent pas encore en France car ils ne sont pas homologués », montre l'élu.