L'Autorité environnementale vient de rendre son avis concernant les aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (AFSB), composante des lignes à grande vitesse devant relier Bordeaux à Toulouse et Dax. Si elle salue un dossier « d'un niveau peu commun dans les études d’impact », l'organe consultatif pointe aussi une lacune réglementaire : la faible justification de l'intérêt des aménagements pour décarboner les transports.Trois mois après le feu vert pour les aménagements ferroviaires au nord de Toulouse, le projet ferroviaire du Sud-Ouest veut continuer sur de bons rails. Le maître d'ouvrage SNCF Réseau a déposé fin février la demande d'autorisation environnementale pour la création d'une troisième voie ferrée au sud de Bordeaux : un chantier sur 13 km de long, d'une emprise de 22 hectares et estimé à 758 millions d'euros, qui doit durer au moins huit ans. En attendant la décision du préfet, l'Autorité environnementale a rendu ce 25 avril son avis.
L'autorité a pu examiner un dossier très dense qui nourrit plusieurs satisfactions, alors que le précédent examen au sujet des AFNT avait laissé apparaître de nombreuses lacunes. « Le maître d'ouvrage a pris soin de tirer les conséquences de l'avis de l'Ae sur le « projet » similaire AFNT. Le dossier, dans son ensemble, traite plusieurs volets de façon satisfaisante et même parfois à un niveau peu commun dans les études d'impact », lit-on.
Un doute d'intérêt public
Des insuffisances surprenantes au vu de l'épaisseur du dossier ont pourtant été relevées. Notamment l'absence d'étude sur la nouvelle offre de transport et le report modal induits par la future infrastructure. Ce qui vaut pour une « non-conformité réglementaire » prévient l'Ae. « Sans étude de déplacements il n'est pas possible d'évaluer avec précision les incidences des transports notamment sur les émissions de gaz à effet de serre, le bruit, la pollution atmosphérique et la santé humaine. » Un constat qui motive l'organe consultatif à demander de reprendre les raisons impératives qui confèrent au projet un intérêt public.
Le programme GPSO, qui prévoit la création de deux lignes à grande vitesse pour relier Bordeaux à Toulouse et à Dax notamment grâce aux AFSB, avait obtenu le 25 novembre 2015 une déclaration d'utilité publique. Celle-ci a été prolongée de cinq ans en 2022. Mais ce statut ne suffit pas selon l'Ae. De quoi rappeler la réprimande adressée par huit parlementaires girondins en décembre dernier : « Les échanges fournis et constructifs que nous avons eu avec SNCF Réseau nous amènent à émettre de sérieux doutes quant à l'utilité réelle des AFSB », écrivaient-ils alors. Selon les porteurs de projet, la nouvelle infrastructure est pourtant indispensable pour accueillir les LGV, le futur RER Métropolitain et appuyer la relance - annoncée maintes fois - du fret ferroviaire.