En mai, la SNCF relançait la bataille de l'opinion. La société ferroviaire dégainait un sondage en réponse à l'opposition et aux avis défavorables des agences environnementales autour du GPSO. Résultat, ce sigle n'évoque rien pour 81 % des 2.000 personnes sondées. Il désigne le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest et son dessein : relier Bordeaux à Toulouse puis à Dax avec deux nouvelles lignes à grande vitesse. Opération bien méconnue et pourtant soutenue, quand on les interroge, par 88 % du même panel.
Il y a le front de l'opinion et celui des opérations. Sur le second, le maître d'ouvrage ferroviaire avance mais demeure avare d'informations. Le calendrier des travaux de gros œuvre doit s'étaler sur quatre années, de 2027 à 2030. Les appels d'offres, eux, n'ont pas encore été lancés. Mais l'on sait déjà que le souhait de mener « un projet exemplaire sur le plan environnemental » va avoir la vie dure. Il n'y a pas que les 4.800 hectares de terres artificialisées en jeu, il y a aussi celles à faire venir pour façonner les talus ferroviaires.
Construire une ligne ferrée, ce n'est pas seulement terrasser un sol pour y poser des rails. Sur l'ensemble du tracé, et en particulier sur les terrains les plus meubles, il faudra apporter en masse des granulats, ces morceaux de roches issus de l'industrie extractive des carrières. Et ce pour un équivalent d'1,9 tonne par m3 selon les estimations de la Cellule économique régionale de la construction (Cerc). Au total, 23 millions de tonnes de granulats seraient ainsi nécessaires pour le seul chantier entre Saint-Médard d'Eyrans (au sud de Bordeaux) et Castelnau d'Estrétefonds (au nord de Toulouse). Soit la moitié de la production annuelle totale des carrières de Nouvelle-Aquitaine. Le Cerc estime tout de même que 10 millions de tonnes de déblais issus du terrassement pourraient être réutilisées sur place.