Fissures dans les centrales nucléaires : « Nous avons progressé sur les délais de traitement »

Maxime Giraudeau
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LA TRIBUNE - Comment Onet Technologies s'est-elle retrouvée à intervenir sur la corrosion sous contrainte ?
Brice MASSAZZA, directeur technique - EDF a déployé sa campagne de suivi en service de ses installations, dans le cadre de la maintenance préventive. L'opérateur a détecté des signaux par ultrasons fin 2021 à Civaux, dans la Vienne, sur des tuyauteries du système de refroidissement du réacteur. Il a ensuite fait de la recherche pour comprendre les images et en a informé l'ASN [l'Autorité de sûreté nucléaire, ndlr]. Une fois sa stratégie établie, la consultation vers l'ensemble des prestataires qui peuvent intervenir a été lancée début 2022. Les techniciens nous expliquent qu'ils envisagent de remplacer des lignes de tuyauteries. Ils nous demandent si nous sommes capables de le faire et dans quel délai. Ce devait être compatible avec une remise en exploitation pour l'hiver suivant. À ce moment-là, on ne peut pas passer deux ans à faire des études sur le sujet.
Que connaissiez-vous alors de ce phénomène ?
La corrosion sous contrainte touche les matériaux métalliques, c'est connu dans l'industrie sur les aciers inoxydables. C'est un mode de dégradation classique des matériaux sensibles quand ils sont dans un milieu corrosif et agressif. On trouve ce phénomène en raffinerie avec la présence de gaz très corrosif dans les tuyauteries. Ce phénomène de manière générale n'est pas évident à appréhender, il est toujours à l'étude. Au montage du parc nucléaire, on sait que certains composants sont sensibles à la corrosion sous contrainte. Il y a un temps d'incubation du phénomène qui peut survenir au bout de plusieurs années voire plusieurs dizaines d'années.
Quelle a été votre méthode d'intervention ?
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Il existe des process pour d'autres phénomènes de dégradation sur lesquels on s'est appuyé en terme de méthodologie. Nous avons dû remplacer des lignes de tuyauterie de type injection de sûreté et refroidissement du réacteur notamment. Dans le cadre de l'extension de durée de vie des centrales nucléaires, certaines parties sont régulièrement remplacées. C'est le cas pour les composants atteints par le vieillissement thermique par exemple. Nous nous sommes basés sur ces procédures. Nous avons dû adapter ces configurations à l'environnement radiologique rencontré qui est très proche du circuit principal. Cela a impliqué beaucoup d'entraînement et de qualification en amont. Dès qu'il y a détection, on vient, on prépare les lignes de tuyauterie, on fait tous les calculs pour les remettre dans la position la moins contrainte possible. On installe les nouvelles tuyauteries, on les soude, on les contrôle et on passe aux suivantes.
Maxime Giraudeau