... , qui nécessitera l’arrêt des installations concernées. Mais puisque tous les réacteurs ne pourront pas stopper leur production en même temps, EDF devra définir lesquels sont prioritaires...tout en garantissant la sûreté des autres. Explications.
Alors que la France dépend de l'atome pour produire son électricité, les inquiétudes s'accentuent sur l'état réel de son parc nucléaire, après qu'EDF a détecté un défaut de corrosion dans trois de ses centrales. Car les causes de cette anomalie « sérieuse », selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), restent inconnues, et font planer l'éventualité d'un défaut générique touchant l'ensemble des réacteurs de l'Hexagone. Sans compter qu'elles interrogent sur de possibles trous dans la raquette lors des visites décennales, ces contrôles techniques permettant de statuer sur la poursuite ou non de l'exploitation d'une unité de production pour les dix prochaines années. Et pour cause, ce phénomène « n'était jusqu'alors pas considéré comme envisageable, et donc pas directement recherché pendant l'inspection », explique à La Tribune Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN.
Pourtant, force est de constater que celui-ci est bien réel : pour rappel, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a fait savoir mi-janvier qu'un réacteur de la centrale de Penly (Seine-Maritime) rencontrait une fissuration sur un système de sécurité, à proximité des tuyauteries du circuit de refroidissement, liée à une corrosion sous contrainte. Un dysfonctionnement déjà détecté ou soupçonné le mois précédent sur quatre autres réacteurs EDF déjà fermés : les deux unités de production de la centrales de Civaux (Vienne), où le défaut a été repéré grâce à des expertises métallurgiques poussées réalisées en décembre, et celles de Chooz (Ardennes), laquelle est concernée pour au moins un de ses deux réacteurs.