Problème de corrosion : tout comprendre aux micro-fissures qui ébranlent le parc nucléaire d'EDF
Juliette Raynal
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Le parc nucléaire tricolore compte 56 réacteurs. Sur les 27 réacteurs d'EDF à l'arrêt actuellement, 12 sont à l'arrêt à cause de problèmes de corrosion.
Depuis décembre dernier, EDF est empêtré dans un problème de corrosion qui l'a obligé à mettre à l'arrêt 12 réacteurs nucléaires et à revoir plusieurs fois à la baisse ses prévisions de production. De quoi plomber ses résultats à venir. Mais de quoi s'agit-il exactement ? Quelle est l'origine de cette anomalie ? Comment se matérialise-t-elle très concrètement ? Quels sont les risques en matière de sûreté ? Comment y remédier ? Etat des lieux en neuf questions.
Corrosion sous contrainte ou bien "CSC" pour son petit nom. Depuis décembre 2021, pas une semaine ne se passe sans que ce phénomène, qui affaiblit considérablement la disponibilité du parc nucléaire français, ne soit évoqué dans l'actualité. Et pour cause : sur les 27 réacteurs d'EDF à l'arrêt actuellement, 12 le sont en raison de problèmes de corrosion.
Mais de quoi parle-t-on exactement ? À quoi ressemble un phénomène de corrosion sous contrainte ? Où est-ce que cette anomalie se situe au sein d'un réacteur ? Comment peut-on la détecter ? Comment évolue-t-elle ? Quid de son impact sur la sûreté ? Et, surtout, comment peut-on y remédier ? Ce jeudi 19 mars, EDF a présenté à la presse ses conclusions, à date, sur ce phénomène très embarrassant. Etat des lieux.
A quoi ressemble cette anomalie ?
"Contrairement à ce que le sens commun pourrait le laisser penser, un phénomène de corrosion sous contrainte ne correspond pas à l'apparition de rouille, mais à des micro-fissures sur une partie de la tuyauterie", explique Régis Clément, directeur adjoint de la direction production nucléaire d'EDF. Dans le cas présent, les fissures se situent sur la surface de la tuyauterie et leur taille varie d'une centaine de microns seulement à quelque 5 millimètres sur le réacteur de Civaux 1.
Où se situent les mini fissures ?
Ces fissures se trouvent sur des circuits auxiliaires. Ces derniers sont connectés directement au circuit primaire principal, qui entoure le réacteur et dans lequel circule une eau à 320 degrés. Il s'agit, grosso modo, de tuyaux en acier dont le diamètre varie entre 25 et 30 centimètres et d'une épaisseur de 3 centimètres. "Des tuyaux de taille moyenne pour l'industrie nucléaire", précise Régis Clément. Ces tuyaux ne sont pas rectilignes, mais cheminent, avec des tronçons verticaux et horizontaux et des coudes. Ils sont tortueux.
Aujourd'hui, les fissures ont été identifiées sur deux circuits auxiliaires en particulier. D'abord, le circuit d'injection de sécurité (RIS), qui joue un rôle de protection du réacteur en cas d'accident en acheminant de l'eau dans le circuit primaire principal. "En fonctionnement normal [d'une centrale, ndlr], il est à l'arrêt. L'eau ne circule pas", précise Régis Clément.
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