Les autorités l'affichent clairement : elles veulent éviter un nouvel A69 ou un nouveau Sainte-Soline. Jeudi, la préfecture de Gironde a interdit la manifestation « Freinage d'Urgence », co-organisée par le collectif LGV Non Merci et les Soulèvements de la terre. Une décision motivée par l'absence de déclaration préalable en préfecture. Deux arrêtés interdisent par ailleurs « le port et le transport d'armes (ou d'objets pouvant constituer une arme) sans motif légitime » ainsi que « des artifices de divertissement » dans 30 communes du Sud Gironde.
« J'espère que le cric n'est pas considéré comme une arme, car ça arrive de crever un pneu par ici », ironise Soazic, adossée à l'encadrement de sa porte en bois, à Lucmau, commune concernée par une des futures lignes. C'est à Lerm-et-Musset, à 15 km d'ici, que « le camp contre la LGV » sera implanté ce week-end, dans le cadre de la mobilisation « Freinage d'Urgence », maintenue en dépit de l'interdiction prononcée. Environ 3.000 personnes, « dont 10% d'individus considérés comme très violents », sont attendus sur place selon la préfecture qui souhaite « protéger des sites sensibles » et éviter une « perturbation de la circulation des trains ».
Le Sud Gironde est l'un des territoires les plus impactés par le GPSO. Quatre lettres pour désigner le Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest porté par SNCF Réseau qui prépare deux lignes à grande vitesse pour relier Bordeaux à Toulouse et à Dax. La voie commune aux deux tracés bifurquerait à hauteur de la vallée du Ciron, classée Natura 2000 et qui abrite la plus vieille forêt de France, pour former un triangle ferroviaire.