Lyon négocie l'implantation du Cambridge Innovation Center
Maxime Hanssen, à Boston
Maxime Hanssen, à Boston
700 startups hébergées, des milliers de m² de locaux sur plusieurs étages, 1,8 milliard de fonds levés... et 20 926 tasses de café écoulées par mois ! Voilà, en quelques chiffres, l'ampleur du Cambridge Innovation Center (CIC).
Au cœur de Kendall Square, à Boston, il présente l'une des plus grandes concentrations de jeunes pousses au monde, à deux pas de prestigieuses universités planétaires - MIT et Harvard en tête, et à quelques rues, de grands groupes mondiaux (antennes locales de Google, Microsoft, Sanofi Genzyme, etc.)
Lancé en 1999, ce "concentrateur d'innovation" - ni incubateur ni uniquement espace de working - pourrait bien s'implanter à Lyon. En déplacement à Boston, la métropole de Lyon étudie cette possibilité. Karine Dognin- Sauze, vice-présidente en charge de l'innovation, a rencontré, ce 9 février, le président-directeur général du CIC, Tim Rowe, en compagnie, notamment, de l'ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud.
Un échange d'une quarantaine de minutes a permis à l'élue de relancer les échanges, après la visite d'un émissaire du CIC à Lyon en août 2015 pour évaluer le potentiel de l'écosystème local.
La capitale régionale souhaite prendre le bon wagon face à une concurrence intense. Le CIC s'est lancé dans une stratégie d'essaimage. Après plusieurs villes américaines, dont Miami et Saint-Louis, le centre d'innovation s'est dupliqué pour la première fois en Europe il y a quelques semaines, en créant une antenne à Rotterdam (Pays-Bas). Et une deuxième ville du vieux continent serait ciblée.
Pour faire avancer les négociations, la Métropole devra notamment "construire un modèle économique" pérenne. Si le business model américain est semble-t-il autofinancé, notamment à travers des loyers variant de 425 à 1 500 dollars par mois et par personne, et une location du building à un coût certainement moindre (le bâtiment appartient au MIT), chaque entité doit éprouver son propre montage.
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À Rotterdam, par exemple, il s'est articulé autour de fonds publics, à travers un investissement direct et des aides à l'implantation d'un montant d'environ trois millions d'euros. Constatant l'état des finances des collectivités locales, cette disposition semble exclue par l'entourage de l'exécutif métropolitain.
Aussi la Métropole pourrait-elle se tourner vers une autre piste. Une fois l'accord de principe obtenu pour une implantation du CIC à Lyon - celui-ci serait en bonne voie -, elle pourrait lancer un appel à projets pour l'accueil du concept, à travers une opération immobilière et une prestation de service.
Il s'agirait pour le prestataire d'obtenir un lieu assez grand afin de répondre à la philosophie du CIC, fondée sur l'effet de masse. À titre d'exemple, la superficie du nouveau site de Miami s'élève à 70 000 m². Une concentration porteuse de collaborations et d'interactions, mais aussi générateur de davantage de revenus.
C'est pour envisager cette solution que le vice-président du centre d'affaires lyonnais World Trade Center, Didier Caudard-Breille, et représentant des promoteurs immobiliers lyonnais, était présent à la réunion.
Le modèle est notamment envisagé par Tokyo, également en course pour obtenir un essaimage américain. Quelle que soit la solution retenue, il faudra également que le groupe américain y trouve son compte. Certes, le CIC défend une idéologie d'essaimage pour "changer le monde", grâce à sa vision de l'entrepreneuriat, se veut "non-profit", mais n'écarte pas cependant une certaine rentabilité.
Concernant la localisation du lieu, il pourrait s'installer au cœur des campus universitaires, si l'on en croit la stratégie adoptée par le CIC, notamment à Boston-Cambridge et Miami.
Selon les critères retenus par l'organisation, elle souhaite également s'implanter dans un écosystème déjà constitué et à fort potentiel afin d'apporter une plus-value. De ce point de vue, la dynamique French tech, ainsi que l'ancrage de Lyon sur des thèmes bien identifiées - biotechs, numérique, cleantech -, devrait être un atout.
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Si l'opération se réalise, il faudra toutefois que cette immense structure s'impose dans le paysage de la French Tech lyonnaise. La ville a-t-elle le potentiel pour attirer des centaines de jeunes entreprises ?
De son côté, Tim Rowe estime que "lorsque vous créer un tel cluster, il devient rapidement un phare, un modèle, puis une destination" pour les startups.
Maxime Hanssen, à Boston