Comment éviter de répéter le scénario des mégafactories de batteries, frappées actuellement par un virage de la demande et une remise en question des choix technologiques ? C'est une des questions qui entoure la trajectoire de la start-up grenobloise MagREEsource, spin-off du CNRS créée en 2020, spécialisée dans le recyclage des aimants à destination des marchés de l'automobile électrique, de l'éolien, mais aussi des produits high tech, du médical et de la défense.
Alors que la start-up a débuté sa production début 2025 dans sa nouvelle usine de Noyarey (Isère), qui emploie cinquante personnes dont un tiers en R&D, elle a dévoilé ce vendredi une seconde levée de fonds de 23 millions d'euros (contre 40 à 50 millions recherchés il y a un an) réalisée auprès d'une dizaine d'investisseurs français et européens, privés et publics.
Parmi eux, le Fonds SPI 2 géré par Bpifrance pour le compte de l'Etat (France 2030), mais aussi les fonds Finindus (ArcelorMittal,région de Flandres), Innovacom, BNP Paribas Développement, C2AD,ou encore Avenir Industrie Auvergne-Rhône-Alpes.
L'objectif est de poser les bases de son projet de mégafactory en Rhône-Alpes, annoncé pour 2028 (contre 2027 l'année dernière) et d'un coût de 200 millions d'euros.
Mais aussi d'augmenter sa production actuelle d'aimants, d'une capacité de 80 tonnes par an, avec une ligne de fabrication supplémentaire dirigée vers des marchés plus haut de gamme, comme la défense ou le médical. Avec, derrière, l'ambition de créer une filière européenne bas-carbone, face à une production mondiale d'aimants dominée par Pékin.