Droits de douane à 100 % : les semi-conducteurs importés dans le viseur de Donald Trump
Marie Lyan, avec AFP

Donald Trump a annoncé une nouvelle taxe de 100 % sur les « puces et semi-conducteurs ».
Florence Lo
Marie Lyan, avec AFP

Donald Trump a annoncé une nouvelle taxe de 100 % sur les « puces et semi-conducteurs ».
Florence Lo
Ce jeudi, les places de marché mondiales attendaient déjà l'entrée en vigueur des nouveaux droits de douane américains « réciproques », entérinés par le président américain Donald Trump, au terme de plusieurs mois de guerre commerciale menée tambour battant.
Mais dès mercredi soir, Donald Trump a à nouveau pris ses interlocuteurs de court en annonçant une nouvelle taxe à venir sur une industrie particulièrement stratégique pour les États-Unis comme pour l'Europe, face à la concurrence chinoise : les semi-conducteurs.
Cette fois, le président américain a annoncé une nouvelle taxe de 100 % sur les « puces et semi-conducteurs », sans préciser toutefois à ce stade la date d'entrée en vigueur de cette nouvelle taxe douanière.
« Nous allons mettre d'importants droits de douane sur les puces et semi-conducteurs », a-t-il déclaré depuis la Maison-Blanche, « autour de 100 %. Mais c'est une bonne nouvelle pour les entreprises qui les fabriquent aux États-Unis ».
Bien qu'épargnés jusqu'ici par les précédentes annonces du président Trump, cela faisait plusieurs mois que l'industrie des semi-conducteurs se trouvait dans le viseur de la Maison-Blanche, alors que l'essentiel de sa production est désormais tiré par l'Asie, et notamment par Taïwan et la Chine.
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En effet, les États-Unis assuraient encore 37 % de la capacité mondiale de fabrication des semi-conducteurs en 1990, avant que celle-ci ne tombe à 10 % en 2022 selon les chiffres de l'organisation professionnelle des semi-conducteurs SEMI. À l'inverse, près de 70 % de la capacité de production mondiale se trouve désormais en Corée du Sud, à Taïwan et en Chine.
En 2022, l'ancien président démocrate Joe Biden avait misé sur la loi bipartite Chips and Science Act, qui prévoyait plus de 50 milliards de dollars d'aides pour soutenir la création d'usines de puces électroniques, financer la recherche et former les travailleurs du secteur. Un dispositif largement critiqué par son successeur Donald Trump, qui préfère utiliser la stratégie du bâton plutôt que de la carotte, à travers sa volonté de taxer les entreprises important des puces électroniques à 100 %.
Toutefois, le dirigeant a tenu à minimiser l'impact de cette nouvelle annonce sur les acteurs qui joueraient le jeu de réinvestir aux États-Unis : « Si vous vous êtes engagé à fabriquer ou si vous êtes en train de le faire, vous ne paierez rien », a-t-il assuré mercredi depuis la Maison-Blanche.
Une déclaration à peine voilée à l'attention du géant taïwanais du secteur TSMC, qui fabrique pour l'heure l'essentiel des semi-conducteurs les plus avancés : étant donné qu'il est « le principal exportateur de Taïwan, et qu'il dispose d'usines aux États-Unis, TSMC est exempté », a déclaré à son tour Liu Chin-ching, directeur du Conseil national de développement taïwanais. De quoi permettre à l'action en Bourse du groupe de grimper de près de 5 %, alors que, de l'autre côté, le fabricant de puces sud-coréen SK Hynix avait glissé de 3 %, à l'image du japonais Tokyo Electron (- 3,22 %) ou du fabricant de semi-conducteurs Renesas (- 3,44 %).
Depuis plusieurs mois, les géants de la Tech s'étaient toutefois préparés : TSMC, dont les puces sont indispensables aux iPhones d'Apple et aux équipements de pointe pour l'intelligence artificielle de Nvidia, avait dévoilé en mars dernier sa volonté d'investir 100 milliards de dollars sur quatre ans, en plus des 65 milliards déjà promis, afin de financer la construction de trois sites de production, deux installations de conditionnement et un centre de R&D. Le tout, aux États-Unis.
Ce mercredi, c'est le patron de la firme américaine Apple qui a promis à la Maison-Blanche « 100 milliards d'investissements supplémentaires aux États-Unis », portant ainsi le montant global des investissements à venir dans le pays à 600 milliards sur quatre ans.
« Déjà cette année, les industriels américains sont en passe de fabriquer 19 milliards de puces pour Apple dans 24 usines réparties dans douze États », a assuré Tim Cook, qui a longtemps assemblé ses iPhones en Chine, avant de se tourner vers l'Inde. Mais sa dépendance au pays du soleil levant pour la plupart des composants demeure, révélait encore en mai dernier le journaliste du Financial Times Patrick McGee dans un livre épinglant la dépendance d'Apple à la Chine. Début mai, Tim Cook affirmait encore s'attendre à ce que « la majorité des iPhone vendus aux États-Unis » proviennent d'Inde durant le trimestre en cours.
« C'est une étape importante vers l'objectif ultime qui est de voir les iPhone vendus aux États-Unis d'Amérique, fabriqués en Amérique », a relevé pour sa part Donald Trump.
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Finalement, l'annonce de cette nouvelle taxe sur les équipements et puces électroniques importés pourrait en premier lieu, affecter le principal concurrent des États-Unis sur le plan des semi-conducteurs : la Chine, et notamment les produits des fabricants SMIC et Huawei. Car d'un autre côté, les équipementiers japonais, sud-coréens ou européens pourraient encore s'appuyer sur les plafonds négociés dans le cadre des accords sur les droits de douane « réciproques » de ce jeudi pour tirer leur épingle d'un jeu qui reste mouvant. Mais à cette heure, une seule chose est certaine : la guerre commerciale avec les États-Unis n'est pas terminée.
Marie Lyan, avec AFP
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