Génération 2050 : À la poursuite des modes de vie de demain
Nicolas Rousseau
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27 mars 2053. Cette matinée printanière prend des allures estivales. Question d'habitude. Depuis presque une décennie déjà, l'été commence plus tôt. Les températures extérieures mesurées sous abri ont gagné 2,7 degrés en moyenne. Tanao, 34 ans, en a dorénavant l'habitude. Pour l'heure, le réveil n'a pas encore sonné. D'ailleurs, c'est la lumière qui va le réveiller. Un capteur intelligent adapte la luminosité de son appartement en variant l'ouverture des stores selon l'heure de lever préalablement réglée. De même, la température de son logement - un appartement de trois pièces de 52 m² installé au sein d'un immeuble collectif en zone périurbaine - est automatiquement régulée grâce à des capteurs thermiques installés dans chacune des pièces de vie. Ces capteurs l'informent en temps réel sur sa consommation d'énergie.
Ce mois-ci, selon les dernières estimations, il semble que l'immeuble dans lequel il réside soit énergétiquement positif, l'ensoleillement de ce mois de mars ayant permis de produire davantage d'énergie (solaire) - des panneaux photovoltaïques couvrent les façades est et sud-est du bâtiment - que ses occupants n'en ont consommée. Une bonne nouvelle, les taxes prélevées au titre du dispositif ORCE (objectifs de réduction de la consommation énergétique) étant en constante augmentation depuis l'instauration de celui-ci. Tanao, sorti du lit, se dirige vers la salle de bain, qui n'a plus de bain que le nom. La pomme de douche pulvérise un mélange d'eau et d'air, ceci afin de limiter la consommation d'eau.
Chaque foyer, selon le nombre de personnes le composant, se voit dorénavant affecter un quota de consommation, calculé au plus juste afin de préserver les ressources. En mars, Tanao et sa mère, Thérésa, 61 ans, avec qui il partage son appartement, devraient ne pas avoir à s'acquitter de la taxe imputée pour tout dépassement.
Avant de quitter son domicile pour rejoindre, d'abord en bus, puis à vélo, un espace de bureaux partagés situé à une vingtaine de kilomètres, Tanao avale le jus d'une orange pressée par un robot qu'il a programmé, comme chaque matin à la même heure. Depuis l'installation d'un jardin partagé sur le toit de son immeuble, le trentenaire et sa mère profitent de paniers de fruits et de légumes bihebdomadaires à un prix raisonnable. Cet approvisionnement en circuit court leur permet d'équilibrer au mieux leurs menus et de réduire le budget alloué mensuellement à l'alimentation.
Nicolas Rousseau