Des Toulousains veulent lancer Longtime, un label contre l'obsolescence programmée

Florine Galéron

ethikis longtime
Rémi Benoit

Florine Galéron

ethikis longtime
Rémi Benoit
À Toulouse, de simples citoyens ont décidé d'agir contre l'obsolescence programmée. Plutôt que de pointer du doigt les mauvaises pratiques commerciales, ils veulent mettre en avant les biens de consommation pensés pour durer. "Nous voulons créer le label Rouge de l'électroménager", résume Florent Preguesuelo, cofondateur d'Ethikis. Infirmier pendant 10 ans, il a décidé de s'associer avec Elsa Lomont, diplômée d'une école de commerce et qui a géré pendant six ans une structure de loisirs dédiée au paintball.
"En tant que consommatrice, je trouve cela aberrant qu'on ne puisse pas réparer certains objets. Par exemple, quand mon mixeur (qui n'était pourtant pas bas de gamme) est tombé en panne, on m'a expliqué qu'il fallait le casser pour accéder aux composants !" témoigne Elsa Lomont. Au-delà de leurs expériences personnelles, les entrepreneurs ont remarqué un manque d'indicateurs pour s'y retrouver au moment de l'achat :
Ethikis travaille depuis deux ans sur l'élaboration d'un label européen baptisé Longtime pour permettre aux consommateurs d'identifier les produits conçus pour durer. Les fondateurs ont échangé avec des associations environnementales mais aussi des réparateurs pour identifier les freins qui empêchent aujourd'hui de prolonger la durée de vie de certains produits. À l'issue de cette concertation, le cahier des charges du label axé sur 40 critères a été établi :
Les fondateurs d'Ethikis cherchent désormais 4 entreprises pilotes pour tester le processus de certification et espèrent lancer officiellement le label fin 2018.
À lire également
D'ailleurs, une expérimentation menée en 2016 par le Cese (Conseil économique, social et environnemental) a montré qu'un label affichant une durée de vie allongée à un produit, générait une augmentation des ventes de cet appareil allant jusqu'à 128%. Désignée coup de coeur du jury dans l'appel à idées "Mon projet pour la planète" lancé par le ministère de la Transition écologique, l'Ademe et l'Agence française pour la biodiversité, la startup pourrait bientôt être accompagnée dans son projet par ces instances gouvernementales. Ethikis a déjà suivi le parcours Adress de Toulouse Métropole et cherche désormais à lever des fonds. Les Toulousains espèrent 200 000 euros pour lancer le projet et notamment embaucher des communicants, des ingénieurs qualité et des commerciaux.
Florine Galéron
Jean-François Zygel : « En musique, l'IA générative est devant un échec »
Aéronautique : front commun de l'Isae-Supaero et l'Enac face à la compétition internationale
Feu dans les moteurs d'avion : la France lance une plateforme unique au monde
Le casino Barrière de Toulouse, premier en France à adopter le contrôle biométrique