Covid-19 : A Grenoble, chercheurs et industriels s’unissent pour monter une filière de production éphémère
Marie Lyan

Photo d'illustration
STEPHANE MAHE
Marie Lyan

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STEPHANE MAHE
C'est la ville de Grenoble qui a, en quelque sorte, fait la lumière sur un collectif né il y a seulement quelques jours, mais déjà très actif. Depuis le 16 mars dernier, une poignée de chercheurs et industriels, confinés eux aussi en raison de la crise sanitaire à Grenoble, ont ressenti également le besoin d'aider.
Car plus qu'une crise sanitaire, ces professionnels ont rapidement identifié des enjeux de supply chain :
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d'Organiser Contre le COVid-19)
en vue de constituer des groupes de travail. Avec, parmi eux, des chercheurs du CEA de Grenoble planchant sur des problématiques liées à la fabrication des masques et au contrôle des matériaux, des industriels issus de la supply chain, ou encore des spécialistes de la logistique ou de la gestion de projet.Certains de ces bénévoles font partie d'entreprises placées totalement à l'arrêt en raison des mesures sanitaires, tandis que d'autres consacrent au projet les 20 à 80 % de leur temps restant.
Car ce collectif grenoblois s'est fixé deux objectifs : avec tout d'abord, l'ambition d'organiser un service de collecte et distribution des milliers de masques chirurgicaux ou FFP2 qui pourraient être donnés par des entreprises locales pour faire face à la crise du Covid19 et alimenter ainsi les établissements de soins.
Jusqu'ici, le collectif a réussi à réunir au total près de 13 000 masques, à travers une plateforme logicielle développée par des spécialistes de l'IT, et qu'elle pourrait même mettre à disposition d'autres villes qui en auraient besoin.
Un autre groupe de travail planche actuellement sur le développement d'un nouveau prototype de masques destinés aux professionnels de santé, en cours d'évaluation par le CHU, dont les tests doivent démarrer avec l'organisme de tests et de certification, l'APAVE, d'ici la fin de la semaine.
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Enfin, les membres du collectif se penchent également sur l'identification de consommables et pièces nécessaires au bon fonctionnement des respirateurs, envie d'éviter toute rupture de stock qui pourrait être générée par une utilisation intensive.
Avec un impératif : être en mesure de passer en phase de production industrielle d'ici 10 à 15 jours maximum, avec l'idée d'atteindre une production de plusieurs milliers d'unités par semaine en ce qui concerne les masques.
Sur le volet de la production, le collectif travaille donc d'ores et déjà en partenariat avec des industriels spécialisés au sein de chaque branche, tels que les sociétés Porcher Industries, Airstar ou Go Sport sur le champ des tissus techniques, le groupe Casino pour la logistique, ou encore des groupes HP, Michelin et AddUp, tant sur le volet de l'impression 3D et des techniques d'injection.
Le CEA de Grenoble, qui ne souhaite pas communiquer à ce stade, confirme néanmoins sa participation aux travaux. L'industriel HP confirme mener actuellement des projets de recherche en lien avec le CEA, dans le cadre de son nouveau laboratoire d'innovation ouverte, Y.Spot, "dans lequel sont notamment étudiés l'ensemble des éléments visant à permettre de valider de nouvelles formes d'applications pour l'impression 3D, que ce soit au niveau des matériaux, des procédés ou du post-traitement", ajoute Nicolas Aubert, directeur de la division 3D de HP France.
Le mode de production ainsi sa localisation seront donc avant tout déterminés par le volume nécessaire.
Ainsi, le collectif vise plutôt à se tourner vers l'impression 3D pour les pièces de respirateurs, en raison du plus faible volume à produire, tandis que que du côté des masques, il étudie notamment des techniques d'injection plastique.
Pour autant, Nicolas Aubert, chez HP, voit lui aussi dans cette crise une opportunité d'utiliser l'impression 3D à ses pleines capacités :
Alors que le projet fonctionne pour l'instant en mode "startup", sans statut officiel à ce jour, ses fondateurs prévoient d'ores et déjà que les étapes de développement et de prototypage puissent être réalisées à titre gracieux par l'ensemble des partenaires.
Avec une ambition : accompagner la crise certes, mais uniquement jusqu'à son terme.
Marie Lyan
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