Le producteur allemand d’hydrogène vert Hy2Gen parie sur le Sud
Gaëlle Cloarec
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Depuis la fin mai, le premier bateau de plaisance à propulsion électro-hydrogène sillonne les ports méditerranéens, de Marseille à Monaco. Un sea show organisé par son constructeur, Hynova Yacht, qui vise à démontrer que "l'hydrogène devient réalité, ici et maintenant", se réjouit Cyril Dufau-Sansot, PDG et co-fondateur de Hy2Gen. Née en Allemagne en 2017, cette société a vocation à développer et exploiter des sites de production d'hydrogène vert et de biocarburants. En 2022, c'est elle qui alimentera en énergie propre ces bateaux écolos depuis son futur site de production d'hydrogène vert par électrolyse de l'eau, basé sur le Plateau de Signes dans le Var. Un projet, baptisé Sunrhyse, aujourd'hui en cours d'instruction et dont la construction devrait débuter en fin d'année pour un investissement global de 70 millions d'euros. "La première phase va permettre de produire d'ici à l'été prochain 5 mégawatts d'hydrogène vert pour une enveloppe de 15 millions d'euros, mais notre objectif est de rapidement monter en puissance pour atteindre, à terme, 30 mégawatts. Cela permettra de générer une vingtaine d'emplois directs".
Première unité de production établie par Hy2Gen en France, Sunrhyse s'imbrique dans l'écosystème HynoVar initié par la CCI du Var dans le but de structurer une filière dédiée sur le territoire. Dans ce cadre, elle viendra alimenter en hydrogène vert un certain nombre d'usages comme l'électrification à quai des navires, les engins de manutention portuaires, les navettes maritimes de passagers ou encore les futurs points de distribution appelés à se développer en région. Autant de besoins locaux jugés suffisamment importants et organisés pour justifier la mise en production d'une usine qui fait exception à son modèle.
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Car, si le cœur de métier de l'entreprise est bien de produire de l'hydrogène vert à grande échelle pour gagner en compétitivité, l'idée est de le convertir en biocarburants pour profiter de débouchés plus larges. "En matière d'hydrogène, les marchés de la mobilité, que ce soit terrestre, maritime ou aérien, ne sont pas assez déployés pour justifier de gros volumes. Même constat pour la logistique nécessaire à son transport, elle n'est pas assez mature. En revanche, celle liée aux biocarburants est en place et peu chère dans un contexte réglementaire porteur qui impose aux secteurs des transports des objectifs de carboneutralité. Or, une des solutions pour y arriver est de mélanger du biocarburant à du carburant classique", explique Cyril Dufau-Sansot. Qui poursuit : "En France, une feuille de route a été établie pour l'aérien. Elle prévoit une substitution à court terme du kérosène fossile par des biocarburants durables de 2% en 2025, 5% en 2030 et 50% en 2050. C'est donc dès aujourd'hui qu'il faut envisager des productions à grande échelle telles que nous allons le faire à Gardanne."
Gaëlle Cloarec