Face au changement climatique et à la nécessité d’économiser les ressources naturelles, et si l'aide aux soldats du feu provenait en partie d'une startup lyonnaise ? Bien avant la survenue des incendies qui ont marqué cet été caniculaire, la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris et la startup industrielle lyonnaise Zelup avaient codéveloppé une lance incendie innovante, consommant cinq fois moins d’eau que les outils traditionnels. Après une levée de fonds de deux millions d’euros déjà opérée, Zelup s’apprête à lancer la phase d’industrialisation.Pour industrialiser sa lance économe en eau qui sera prochainement déployée sur les camions des pompiers de Paris, Zelup devait lever des fonds.
Le process aura été long et fastidieux mais l'opération a étée clôturée : la startup industrielle lyonnaise a collecté deux millions d'euros. Pas en equity comme l'espérait son dirigeant (et fondateur), Thomas Issler, mais en obligations convertibles complétées d'une enveloppe de subventions de près de 400.000 euros de la Région Auvergne Rhône-Alpes.
« Les valorisations proposées étaient ridicules. Pourtant, au regard de ce qu'il se pratique dans le secteur du digital par exemple, nos exigences étaient raisonnables. Nous avons donc finalement opté pour les obligations convertibles, cela coûte cher mais elles vont nous permettre d'avancer rapidement. Il nous faut désormais aller vite !», lance celui-ci.
Des lances incendie économes en eau
Créée en 2012 sur une idée de solution de nettoyage innovante, très économe en eau (consommation divisée par vingt), pour les terrains de sport, les vélos, les chaussures de sport etc, Zelup s'est désormais engagée sur un nouveau chemin prometteur, dont la nécessité a été une nouvelle fois confirmée cet été par les feux de forêt qui ont sévi en France comme en Europe : celui du marché de la sécurité incendie.
« La mise au point de notre solution de nettoyage avait nécessité deux ans de R&D. Elle s'appuie sur la fragmentation hydropneumatique, c'est-à-dire un mélange d'eau et de gaz, permettant la création de petites gouttelettes, aussi efficaces qu'un jet traditionnel. Le challenge était de réussir à créer une vitesse suffisante malgré la pression moindre », explicite Thomas Issler. Challenge relevé et qui a attiré l'attention de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris. Plus spécifiquement de son bureau d'études, appuyé par le laboratoire central de la Préfecture de Paris.
« Les sapeurs-pompiers cherchaient des solutions permettant de réduire leur consommation en eau, tout en répondant aux nouvelles problématiques créées par les bâtiments HQE en termes de dégagement de fumées plus toxiques. La technologie hydropneumatique les a interpellés. Ils nous ont donc proposé, en 2017, de travailler ensemble sur leurs futures lances à incendie ».
Stéphanie Gallo Triouleyre