La stratégie d’Innate Pharma pour se faire une place parmi les biotechs de l’immuno-oncologie
Maëva Gardet-Pizzo
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Une « révolution ». Rien de moins. C'est ainsi que beaucoup qualifient l'arrivée des immunothérapies dans la lutte contre le cancer. Et pour cause.
Nées à la fin du XIXe siècle, ces thérapies nouvelles, issues de la recherche fondamentale, font un pari, celui de lutter contre les tumeurs non pas en les ciblant directement, mais en stimulant le système immunitaire qui se chargera de les détruire.
Après plusieurs désillusions, ces thérapies finissent par montrer des résultats spectaculaires. Si l'enjeu des thérapies passées étaient plutôt d'allonger la durée de vie des patients, les immunothérapies contre le cancer permettent d'obtenir des guérisons totales chez 20 % à 30 % des malades. Car en stimulant le système immunitaire, elles lui confèrent une mémoire qui l'aidera à apporter une réponse durable contre le cancer.
Il y a eu un point d'inflexion en 2011, à l'occasion d'un grand Congrès mondial de cancérologie
», raconte Hervé Brailly, cofondateur et actuel PDG d'Innate Pharma qui se dédie depuis sa création en 1999 à ces thérapies. «
C'est là qu'ont été présentés les premiers résultats d'une immunothérapie efficace contre un mélanome malin métastatique
».
Le marché des immunothérapies contre le cancer devient, dès lors, colossal. «
On compte des centaine d'acteurs, dont une dizaine de big pharmas. Ces immunothérapies sont un domaine majeur en termes d'essais cliniques, d'impact médical mais aussi commercial
». Fin 2017, on recensait ainsi près de 1.000 traitements ou candidats traitements relevant de l'immunothérapie, ciblant plus de 270 molécules. A
lors comment Innate est-elle parvenue à se différencier dans cet univers ?
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«
Nous avons creusé notre sillon dans un champ scientifique différent
». Alors que la plupart des acteurs s'intéressent aux lymphocytes T, des cellules clés de notre système immunitaire, capables de proliférer rapidement pour détruire les cellules cancéreuses au prix, néanmoins, d'effets secondaires relativement importants, Innate a avancé ses pions autour d'un autre type de cellules, les cellules NK, ou cellules tueuses naturelles, qui font elles aussi partie de la famille des lymphocytes mais prolifèrent de façon moins spectaculaire, générant plus de sûreté pour le patient. «
Il est plus lent de montrer leurs effets, mais cela est différenciant
».
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Maëva Gardet-Pizzo