LA TRIBUNE - Bruno Ventelou, vous êtes depuis une quinzaine d'années directeur de recherche au CNRS à Marseille, spécialisé en économie de la santé. Comment en êtes-vous arrivé à ce domaine d'études ?
BRUNO VENTELOU - Je suis issu d'une formation généraliste en économie. Lors de ma thèse, j'ai étudié le lien entre corruption dans les pays du Sud et croissance économique. Puis je me suis rendu compte que les modèles que j'utilisais dans ce cadre pouvaient être exploités pour étudier l'impact d'autres phénomènes sur la croissance, comme par exemple les épidémies qui, comme la corruption, sont contagieuses. C'est ainsi que je me suis intéressé à l'impact du VIH sur la croissance. Puis petit à petit, j'en suis arrivé à travailler sur le système de santé français, sur des questions macroéconomiques. Et au fil des opportunités et des thésards que j'ai accompagnés, j'ai fini par m'intéresser à des sujets plus spécifiques comme les traitements contre le cancer et l'accès plus ou moins égal aux traitements.
C'est ainsi qu'en 2020, vous participez à la publication d'un article* sur l'accès aux thérapies personnalisées dans le cas d'un cancer du poumon (Cancer Bronchique Non à Petites Cellules) ...