REPORTAGE. « Une famille de médecins plutôt qu'un médecin de famille. » Dans la Creuse, Médecins Solidaires fait venir chaque semaine des généralistes de toute la France là où personne ne s'installe. L'association bouscule les normes de la profession pour répondre aux calamités des déserts médicaux et pourrait faire bouger la loi.Village cherche médecin, désespérément. La même annonce, exposée sur banderole, revient sur les routes des bourgs de la Creuse. Celui de Bellegarde-en-Marche, à l'est du département a quelque chose en plus. Une vue sur les contreforts du Massif Central oui, mais surtout des professionnels de santé. Une flopée même. En même pas un an, le village de 400 âmes a vu défiler presque 100 généralistes, là où personne ne veut s'installer.
A proximité du cœur de village, en bordure de pré, l'association Médecins Solidaires a investi les murs d'un centre de santé flambant neuf qui, depuis deux ans, cherche en vain à installer un médecin généraliste. La municipalité est finalement servie, lui en voilà deux par semaine. Sur la deuxième rotation d'avril, un couple de praticiens originaire de Strasbourg assure les soins. La docteure Solveig Traube, 32 ans, ne connaissait les environs que par un adage : « Pendant mes études déjà, on me disait en rigolant que je finirai généraliste en Creuse. » L'envie de « rendre service aux patients d'un territoire délaissé » l'aura amenée ici pour quelques jours.
Coordinatrices vitales
Dans son cabinet de la semaine, elle recevra une centaine de personnes, du lundi au samedi. En plein désert médical, les demandes affluent : traitements à renouveler, examens à ordonner, courriers aux spécialistes, bilans. « Habituellement pour un rendez-vous, on essaye de ne pas dépasser deux motifs de consultation. Mais là, toutes leurs problématiques de soin sont aussi importantes les unes que les autres donc on doit y répondre », prescrit la médecin.
Maxime Giraudeau, dans la Creuse