Face aux difficultés d'installation de nouveaux médecins, notamment dans les territoires ruraux, la région Auvergne-Rhône-Alpes déclare faire de la lutte contre la désertification médicale l'une de ses priorités. Pour la première fois, et sur le modèle d'autres territoires, la collectivité a décidé, avec le département du Cantal, de salarier deux médecins généralistes au centre de santé du Rouget-Pers, commune de 1.300 habitants située près d'Aurillac.
Mais, n'ayant aucune compétence en matière de santé, elle a dû créer le Groupement d'intérêt public (GIP) « Ma Région, ma santé Auvergne-Rhône-Alpes » afin d'embaucher directement les praticiens, comme le permet la loi 3DS. Pour l'instant, trois départements se sont joint à ce GIP : le Cantal donc, l'Ardèche et la Haute-Loire. L'Allier est encore en cours de réflexion.
Cela doit permettre d'améliorer l'accès aux soins dans certaines zones sous-dotées ou en passe de le devenir. Même si le salariat de médecins a vocation à rester une solution locale et spécifique.
« Il faut savoir que 71% du territoire de la région Auvergne-Rhône-Alpes est en tension, en manque de médecins généralistes. L'idée n'est pas de déployer ce dispositif de façon globale sur toute la région, mais de cibler les territoires où l'on a tout essayé et où aucune solution n'a été trouvée. Nous nous attaquons alors aux zones blanches, définies comme zone d'intervention prioritaire. Et nous le faisons en collaboration avec les départements », détaille Laurence Fautra, vice-présidente de la région déléguée à la santé.
Autour de la commune du Rouget-Pers, l'attente de la population était forte : un mois après leur arrivée, les deux médecins avaient déjà effectué 514 consultations et 900 patients s'étaient inscrits pour être suivis. Ce qui pousse même les collectivités à réfléchir au recrutement d'un troisième praticien.