C'est aussi probablement parce que pour le moment, ce vaccin n'est pas opérationnel. Mais le virologue, ancien directeur de recherche de l'INSERM qui a créé Ciloa en 2011, ne doute pas que la technologie sur laquelle s'appuie son projet de vaccin finira par s'imposer. Elle intéresse en tout cas vivement, et la biotech vient d'obtenir du ministère de la Recherche un financement de 1,5 million d'euros au titre de la lutte contre les maladies infectieuses émergentes. Ajoutés à une augmentation de capital clôturée en décembre 2021, ils viennent boucler un besoin en financement suffisant (3 millions d'euros au total) pour les futures étapes du programme Covevax portant sur le premier vaccin-exosome.
Un vaccin-exosome ? Robert Zaïme Mamoun tente la vulgarisation scientifique : « Ciloa a développé une plateforme pour des applications vaccinale ou thérapeutique, autour d'une technologie à base de vésicules extracellulaires, c'est à dire des exosomes. Ces exosomes servent en quelques sortes de messagers pour tous les organismes supérieurs, contenant des protéines qui indiquent l'organe visé et un contenu : le faire grossir, le régénérer, baisser de l'infection, etc. Cette technologie est connue depuis une trentaine d'années mais explose depuis dix ans en recherche académique car elle peut transmettre de l'information contre un élément pathogène ou un virus. Or nous avons été pionniers pour modifier la destination et le contenu de ces exosomes de manière à en faire un vaccin sans virus ni adjuvant mais avec mêmes propriétés : c'est le mime parfait d'un virus mais sans agents infectieux, un leurre pour tromper le corps, avec un effet immuno-stimulateur ».