[Insertion 5/7] Culture, sport, éducation, TIG... les exemples de l'insertion
Daphné Gastaldi/We Report et Marie Lyan
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S'insérer sur un marché du travail déjà saturé constitue un double challenge pour les personnes condamnées. Des structures encouragent les peines alternatives. Parmi elles, le travail d'intérêt général assorti d'une activité professionnelle.
"J'imaginais que nous serions comme aux États-Unis, habillés en tenue fluo pour ramasser des déchets", ironise Nadia*, une jeune femme qui a converti son sursis en travail d'intérêt général (TIG) via l'association L'Olivier des sages à Lyon. Finalement, Nadia a eu des responsabilités et a même tenu la caisse de l'épicerie solidaire. Camille*, elle, a été condamnée à deux peines de prison ferme, converties en TIG. "C'est un bon moyen de réinsertion, sinon j'aurais été incarcérée", reconnaît-elle.
Créé en 1983, le TIG est un travail non rémunéré réalisé par une personne condamnée, majeure ou mineure, qui se substitue à la peine d'emprisonnement de courte durée ou au sursis. Les personnes sont accueillies par les collectivités (espaces verts, mairies, bibliothèques, etc.), dans des associations ou des entreprises habilitées. "Malheureusement, nous sommes peu de structures à le faire. Le TIG devrait être plus développé à Lyon", constate Zorah Ferhat, à la tête de L'Olivier des sages qui accueille une vingtaine de "tigistes" par an, suivis par des conseillers du Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP). Certaines structures, très sollicitées, sont parfois au bord de l'essoufflement, mais, comme le nuance le SPIP, de nouveaux postes se créent chaque année.
En 2016, 441 personnes ont effectué un TIG dans le Rhône, sur 750 personnes condamnées en TIG chaque année en flux régulier.
Une façon de lutter contre le tout-carcéral alors que les prisons françaises sont surpeuplées et n'offrent pas des conditions suffisantes pour préparer la réinsertion.
Daphné Gastaldi/We Report et Marie Lyan